Tourisme fiscal à Jersey

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Destination longtemps prisée par les Européens, Jersey a le blues. La fréquentation touristique est en chute libre et les hôtels ferment les uns après les autres. Mais Saint-Hélier, la capitale de l'île anglo-normande rattachée à la couronne britannique, peut compter sur une autre catégorie de touristes pour faire tourner une industrie financière florissante, représentant plus de la moitié du PIB local. Jersey compte en effet parmi les principaux centres offshore au monde. Pourtant, là aussi, le vent semble à nouveau tourner. L'île figure sur la liste des territoires jugés non coopératifs par l'administration Obama et pourrait se retrouver sur la liste noire de l'OCDE. Plusieurs ONG ? Attac, Tax Justice Network, CCFD, Oxfam?? se sont retrouvées jeudi et vendredi à Jersey pour interpeller le G20 sur la nécessité de réformer la transparence des paradis fiscaux. Ils ont également organisé une visite guidée à St-Hélier. L'île compte à peine 85.000 habitants mais possède 47 banques, ayant en dépôt 206 milliards de livres sterling, soit 2,3 millions de livres sterling par habitant. L'île est également très courtisée par les fonds d'investissements dont les encours s'élèvent à 260 milliards de livres. Pour ces organisations, qui dénoncent depuis des années l'opacité des paradis fiscaux, l'accord signé cette semaine par Jersey avec la Grande-Bretagne est salué comme une première victoire. « Les paradis fiscaux sont des territoires qui ont échangé une part de leur souveraineté contre de l'opacit頻, explique Jacques Harel, membre d'Attac Saint-Malo, devant le siège de Société Généralecute; Générale Private Banking. Poursuite de la promenade, ponctuée par les cris de mouettes, jusqu'au siège local de BNP-Paribas, à la tête de trois filiales à Jersey. « Le gouvernement français avait expliqué que seules les banques au clair avec les paradis fiscaux bénéficieraient de l'aide de l'État », vilipende Jean Merckaert, du Comité catholique contre la faim (CCFD). « Comment expliquer que BNP-Paribas, qui dispose de 189 antennes dans les paradis fiscaux, a été un des premiers bénéficiaires du plan de soutien à l'activité bancaire ? »crainte de la liste noireLes autorités locales de l'île prennent l'offensive du G20 assez sérieusement. « Nous sommes très heureux que l'OCDE, qui concentrait ses critiques sur les centres offshore fasse aujourd'hui pression sur les pays conservant leur secret bancaire », explique Martin de Forest-Brown, conseiller du Premier ministre. Un plaisir toutefois gâché par la crainte d'apparaître sur la future liste noire de l'OCDE. « Si ce devait être le cas, nous en sortirions vite », promet-il. Xavier Harel , à Saint-Hélier,

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