Sacro-saintes réserves de change

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Les 2.000 milliards de dollars nécessaires pour sauver les banques européennes et américaines sont peu de chose au regard des 6.900 milliards de dollars de réserves de change qui sommeillent dans les coffres des banques centrales. Dont 2.900 dans ceux des étoiles montantes que sont les Bric.Ces trésors de guerre nationaux peuvent-ils être mobilisés au service de la planète financière au bord de l'implosion ? Quelque 1.700 milliards de dollars de ce tas d'or sont investis en bons du Trésor américains. Pouvoir utiliser le solde - 5.200 milliards - constituerait une manne providentielle pour sauver les banques, mais il ne faut pas rêver. Pour l'heure, ces fonds sont une aubaine pour les pays, qui sont légion, dont les monnaies, au sommet hier, subissent aujourd'hui les coups de boutoir de la spéculation. Ce que les banques centrales considéraient comme une police d'assurance se transforme en arme d'intervention de change.MONNAIES SURVITAMINEESLa Russie a mis dans la balance 25 milliards de dollars pour soutenir son rouble, faisant retomber ses réserves, les troisièmes du monde, à moins de 550 milliards. Les pays d'Amérique latine ont aussi tiré sur leurs avoirs record. C'est aussi le cas du Brésil, fort de son matelas de 210 milliards de dollars. La chute du real, qui a perdu le tiers de sa valeur face au dollar depuis août a conduit l'institut d'émission à intervenir pour la première fois en cinq ans. Ses réserves auraient fondu de 20 milliards de dollars au cours des dernières semaines. La Banque du Mexique lui a emboîté le pas, inquiète de la dévalorisation de 18 % du peso depuis le début du mois. L'Argentine et le Pérou ont également vendu du dollar et la tentation gagne le Chili.L'Asie n'est pas en reste. La Corée du Sud, la plus active, a consacré 25 milliards sur ses 240 milliards de réserves à freiner la chute du won, qui a perdu 30 % en deux mois. Reste la Chine, dont les réserves, de plus de 1.800 milliards de dollars, sont les plus importantes du monde, mais qui gère sa monnaie au plus près. Pour l'instant, la réponse officielle est laconique : la meilleure contribution que la Chine puisse apporter à la crise est de préserver sa croissance.

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