François Fillon veut faire disparaître les paradis fiscaux

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Le plan de sauvetage mis en oeuvre pour enrayer la crise financière portant ses premiers fruits, la France entend peser sur la réforme de l'architecture financière internationale. Alors que le président appelle de ses voeux un " nouveau Bretton Woods ", le Premier ministre François Fillon a appelé hier à mettre fin aux " centres off-shore " véritables " trous noirs " de la finance internationale. " Leur disparition doit préluder à une refondation du système financier international " , a expliqué le chef du gouvernement à l'Assemblée nationale.La France reprend donc son baton de maréchal contre les paradis fiscaux à la faveur de la plus grave crise financière depuis celle de 1929. Pour la plus grande satisfaction de Transparence-internationale. Son président Daniel Lebègue, ancien numéro deux de BNP Paribas, s'étonnait lundi que ni le G7, ni le FMI, ni l'Eurogroupe n'aient fait référence à " l'une des menaces plus grave " pour le système financier international, constituée par les paradis fiscaux et judiciaires.UN ESSOR SANS PRECEDENTLa faiblesse de la régulation et de la supervision est au coeur de la crise des subprimes. Au départ, il y a des courtiers irresponsables qui vendent des crédits à des ménages insolvables qui repassent le mistigri à des banques d'investissement non régulés qui les revendent ensuite à des hedge funds domiciliés dans des centres off-shore qui recyclent leurs produits auprès des banques de dépôts. " Près de la moitié des produits financiers offerts en France aux simples épargnants sont créés par des hedge funds installés dans des centres off shore où la réglementation est quasi inexistante ", s'inquiète Daniel Lebègue.Les deux dernières décennies ont vu un essor sans précédent de l'économie off-shore. L'explosion de l'activité hors bilan des banques, comme la titrisation, s'est en grande partie reposée sur leur développement. Aujourd'hui, plus de 400 banques, deux tiers des 2.000 hedge funds et deux millions de sociétés écrans y sont hébergés et géreraient, selon les dernières estimations disponibles, de l'ordre de 10.000 milliards de dollars d'actifs financiers. Danièle Lebègue, qui a adressé un courrier en ce sens aux députés qui examinaient hier le plan de sauvetage pour les banques que les filiales des établissements bancaires domiciliées dans ces centres off-shore ne puissent pas bénéficier d'une recapitalisation de l'État français.Cette volonté d'en finir avec l'opacité des centres off-shore coïncide avec une offensive du ministre du Budget Eric Woerth contre l'évasion fiscale vers les paradis fiscaux. Le rachat, au début de l'année, par les services secrets allemands d'un disque dur contenant les noms de 1.400 personnes bénéficiant de fondation au Liechtenstein est à l'origine du plus gros scandale d'évasion fiscale des cinquante dernières années. Eric Woerth a donc convié le 21 octobre à Paris ses homologues d'une vingtaine de pays dans le cadre de l'OCDE pour élaborer une réponse commune contre l'évasion fiscale vers les paradis fiscaux.

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