BNP Paribas conforte son modèle intégré

 |  | 416 mots
Lecture 2 min.
Le groupe bancaire dirigé par Baudouin Prot est un temps passé pour timoré, voire désuet. Sa prudence et sa capacité à s'en tenir strictement à ses objectifs font aujourd'hui l'admiration des marchés. Depuis le 1er janvier, le titre de BNP Paribas n'a perdu que 14,96 % à la Bourse de Paris alors que l'indice sectoriel de la banque a reculé de 30,52 % sur la même période.Face à la vague de défaillances bancaires qui ont alimenté la chronique ces derniers mois, tout le monde attendait que la banque de la rue d'Antin sorte du bois. Elle a résisté à la tentation de prendre le contrôle de la Société Générale au début de l'année, malgré les rumeurs persistantes d'un rapprochement. Ébranlé par l'affaire Kerviel et la stratégie risquée de sa banque de financement et d'investissement (BFI), le groupe dirigé par Frédéric Oudéa faisait figure de proie facile. Mais " même en période de soldes, une consommatrice qui cherche une robe rouge à sa taille ne se satisfera pas d'une robe bleue mal taillée ", résume un dirigeant de la banque de la rue d'Antin. L'intégration de la banque italienne BNL bouclée, la priorité de BNP Paribas est au développement de la banque de détail en Europe.UN COUP DE MAITREAvec l'aggravation de la crise, l'attentisme du groupe bancaire a été récompensé : les acquisitions potentielles se sont multipliées et les prix ont baissé. Quand le gouvernement des Pays-Bas a décidé début octobre de racheter à Fortis, en grande difficulté, sa branche néerlandaise, le groupe bancaire français a saisi sa chance. La prise de contrôle le 6 octobre du réseau de banque de détail de Fortis en Belgique et au Luxembourg, ainsi que les activités d'assurance du bancassureur en Belgique apparaissent comme un coup de maître. Non seulement l'opération d'un montant de 14,7 milliards d'euros fait de BNP Paribas la première banque de la zone euro par le montant des dépôts (586 milliards), mais elle améliore aussi son ratio de solvabilité de fonds propres durs (tier one) grâce à l'apport des capitaux de Fortis. Pour l'avenir, cette acquisition donne au groupe accès à deux nouveaux marchés domestiques parmi les plus opulents d'Europe. Désormais, la banque de détail représente 57 % des revenus du groupe bancaire, contre 23 % pour la banque de financementet d'investissement. Une répartitionenviable en période de gros temps.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :