Capital ou dette, les banques se serviront

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Qu'elles se trouvent dans une situation financière immédiate très difficile ou dans une configuration délicate à moyen terme, les banques françaises disposent désormais de deux sources de financement en fonds propres. L'une qui a fonctionné pour sauver Dexia de la faillite est une aide ponctuelle, en capital, réalisée par la société de prise de participation de l'État. Le recours à cette aide est clairement un signal de faiblesse donné au marché. A priori, plus aucune banque française n'a besoin de ce type d'aide.L'autre dispositif devrait en revanche connaître plus de succès. Il se propose d'apporter des quasi-fonds propres, en refinançant des titres hybrides que les banques apporteront. Ces titres hybrides sont des produits financiers qui mixent une composante capital et une composante dette (notamment les actions préférentielles et les titres subordonnés).Dans les discussions entre pouvoirs publics et banques, il est apparu que l'État pourrait apporter une source de liquidité supplémentaire en refinançant une partie de ces titres à échéance de fin 2009. Il est probable que le montant de 40 milliards d'euros de financement prévu par le plan correspond peu ou prou au volume des échéances sur ces titres pour les banques d'ici à fin 2009. Dans ce contexte, l'État intervient via de la dette et non en capital.À cet égard, depuis hier, nombre d'établissements ont souhaité clarifier la situation, précisant qu'ils n'avaient pas besoin de capital mais qu'ils iraient probablement au guichet de refinancement. Hier, la Société Générale, tout en indiquant qu'elle avait " achevé le renouvellement de ses lignes d'emprunt venant à échéance en 2008 " a " accueilli très favorablement " la mesure de refinancement. De son côté, Crédit Agricole SA, par la voix de son directeur général Georges Pauget a indiqué que son établissement n'avait " pas besoin de capital ", précisant qu'en matière de refinancement " si les conditions sont intéressantes pour la banque, nous le ferons ".Des normes comptables adaptées à la criseLe marché en rêvait, l'IASB (International Accounting Standard Board) l'a fait. Parfois critiquée pour son dogmatisme, l'autorité de normalisation comptable internationale a fait un grand pas pour répondre " aux demandes de l'Eurogroupe ", explique l'un de ses membres. Lundi, l'IASB a proposé que " dans des circonstances exceptionnelles ", en l'espèce un marché inactif, les banques puissent reclasser leur portefeuille de placement et leur portefeuille de prêts et créances (en le sortant de la catégorie " trading ") pour ne plus les comptabiliser en valeur de marché mais en coût historique. La Commission européenne dira aujourd'hui si elle suit cette philosophie. Elle doit en tout cas présenter ses propositions, qui devraient être adoptées demain par le Conseil européen et pourraient être à effet rétroactif au 1er juillet 2008.

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