Redonner de la liquidité pour réamorcer la pompe financière

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C'est la clé du succès de l'ensemble des plans de sauvetage. En redonnant de la liquidité au marché, le système de refinancement des banques remet de l'huile dans les rouages. À court terme il évite un étranglement des banques, à moyen terme il soutient le financement de l'économie.L'organisation annoncée lundi par le gouvernement français permet aux banques d'apporter des titres de bonne qualité à une structure qui dispose elle-même de la garantie de l'État. Elle refinancera les banques à concurrence de 320 milliards d'euros. Un procédé qui prendra fin en décembre 2009. Les banques ont accueilli avec enthousiasme cette mesure et dans le monde bancaire on s'attend à ce que la quasi-totalité des établissements y aient recours. En donnant de la marge de manoeuvre aux banques, le mécanisme leur permet de relancer la machine de distribution des crédits bancaires, tant aux particuliers et aux entreprises, alors que le ralentissement économique est à l'oeuvre. Hier, le président de la Fédération bancaire française, Georges Pauget, indiquait qu'il n'y a " pas de honte à se refinancer ", estimant que la plupart des banques se présenteront pour bénéficier de ce dispositif. Mais, a-t-il précisé, " les banques paieront la garantie de l'État. En outre, en contrepartie, elles se sont engagées à financer l'économie et à se conformer à une éthique ", en l'espèce des rémunérations contrôlées. Concrètement, les banques pourront bénéficier de prêts d'une maturité d'un à cinq ans. Pour en profiter, elles apporteront en garantie des prêts immobiliers assortis d'une hypothèque ou d'une sûreté, des prêts aux collectivités publiques, des prêts aux entreprises si elles ont une bonne qualité de crédit, ainsi que des prêts à la consommation.LA GARANTIE DE L'ÉTAT SERA PAYANTEDu côté de l'État, il n'est pas question que le sauvetage des banques apparaisse comme une charge supplémentaire pour les contribuables, la garantie de l'État sera payante, sous forme, précise Bercy, " d'une commission additionnelle aux intérêts ". Cette commission pourra varier d'un établissement à l'autre, l'objectif étant que le coût pour chacun corresponde à celui qu'il aurait payé dans des conditions " normales de fonctionnement ". Comme s'il n'y avait jamais eu de crise.Euronext Paris cote la dette à court termeDepuis ce matin, billets de trésorerie et certificats de dépôt d'une durée d'un an et moins sont admis sur Euronext Paris. L'opérateur boursier, la Banque de France et l'Association du Forex et des trésoriers de banque (AFTB) planchaient sur le projet depuis six mois. La crise les a poussés à accélérer le mouvement, pour apporter davantage de lisibilité au marché. Les banques émettrices à la recherche de titres éligibles aux opérations de refinancement de l'eurosystème présenteront un atout supplémentaire. Ce marché, qui représente 450 milliards d'euros, fonctionne de gré à gré. Euronext propose d'enregistrer les transactions pour des blocs de plus de 150.000 euros. Une dizaine d'émetteurs, essentiellement bancaires, seraient prêts à participer.Comment ça marche ?Le véhicule destiné à offrir de la liquidité aux établissements bancaires devrait être opérationnel dans trois semaines. Concrètement, il sera logé dans une actuelle coquille vide d'une banque de la place. Celle-ci accueillera à son capital (qui sera d'un montant modeste) l'ensemble des banques ainsi que l'État qui sera très minoritaire.C'est cette structure qui lèvera des fonds par le biais d'émission de titres garantis par l'État. Ces fonds pourront alors être prêtés aux banques qui amèneront, en échange, diverses garanties (collatéral). Les discussions surle périmètre de ces dernières ont débuté hier après-midi.

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