Auto : les ventes s'effondrent en Europe
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Alain-Gabriel VerdevoyeLes mauvaises nouvelles se succèdent dans l'automobile. Le marché de l'Union européenne a plongé de 14,5 % en octobre. Et ce, après des chutes de 15,7 % en août, et de 8,2 % en septembre. Les immatriculations de voitures fléchissent de 5,4 % sur dix mois. Et ce n'est pas fini. Le marché ouest-européen devrait reculer de 8 % sur l'année et de 10 % à 11 % en 2009, selon le consultant JD Power.Dans ce contexte de crise, qui intervient il est vrai après des années de marchés porteurs, les constructeurs français souffrent plus que la concurrence. Fâcheux, alors que les marques tricolores sont portées en principe par la vogue des petits modèles et bénéficient d'un marché intérieur moins affecté par le marasme ambiant que l'Allemagne, l'Italie, la Suède ou la Grande-Bretagne.Les immatriculations de PSA se sont effondrées de 16,3 % le mois dernier en Europe. Si Citroën limite la casse, Peugeot plonge plus que le marché. Renault chute encore davantage, la progression de la marque Dacia ne contrebalançant pas l'écroulement de la firme au losange proprement dite. Les ventes du groupe Renault (Renault, Dacia, Samsung) ont d'ailleurs chuté dans le monde au total de 14,1 % au mois d'octobre.SOS d'OpelSi Volkswagen, Fiat ou BMW s'en tirent mieux, GM se retrouve en pleine tourmente. Sa filiale allemande Opel a d'ailleurs lancé un SOS au gouvernement de Berlin et aux Länder, demandant qu'ils se portent caution pour assurer son financement. Ces garanties pourraient se révéler nécessaires « si la situation économique de General Motors venait encore à se dégrader », affirme Opel.Conséquence de cette mévente générale?: les usines tournent au ralenti. PSA ferme ainsi du 13 décembre au 5 janvier son site de Poissy, du 5 décembre au 5 janvier celui de Rennes. De nouvelles journées non travaillées ont été également annoncées cette semaine sur plusieurs sites de Renault. Flins, en région parisienne, s'arrêtera du 20 novembre au 3 décembre inclus, Ruitz dans le Pas-de-Calais (mécanique) fermera du 10 décembre au 3 janvier. En Espagne, Valladolid stoppera ses chaînes onze jours d'ici à la fin de l'année et Palencia sept jours en novembre, sept autres en décembre. « L'objectif est de revenir fin 2008 au même niveau de stocks qu'à fin 2007 », affirme le directeur de logistique chez Renault, Michel Faivre-Duboz.BMW cessera pendant un mois sa production dans son usine de Ratisbonne, ce qui entraînera un manque à produire de 9.000 véhicules. Audi prévoit de réduire aussi sa production. Fiat rajoute une semaine supplémentaire de chômage technique fin novembre sur son site phare de Mirafiori (Turin), où il avait déjà programmé deux semaines au début de ce mois. poids lourdsLa baisse de la production ne concerne plus seulement l'Ancien Continent. Elle gagne les usines dans les pays émergents. En Roumanie, l'usine Dacia de Pitesti fermera du 20 novembre au 7 décembre. En Turquie, les suspensions de production frapperont une semaine fin octobre, puis deux autres en novembre, l'outil industriel de Ford, qui livre essentiellement l'Europe à partir de sa base locale. Six jours de chômage technique sont annoncés chez Fiat. Renault, qui produit à Bursa la Megane Sedan et les Clio Grand Tour et Symbol, a déjà stoppé les chaînes les 28 et 29 octobre, puis du 3 au 11 novembre. Le Brésil est également touché. Fiat y a annoncé dernièrement dix jours de chômage technique pour 3.000 employés.La crise atteint aussi les poids lourds. Renault Trucks (groupe Volvo) envisage de recourir à quatre-vingt-dix jours de chômage partiel en 2009 en raison du manque d'activité dans ses usines françaises, a-t-on appris de source syndicale.
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