Université : les signaux du gouvernement ne convainquent pas

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Cela a un air de déjà-vu. Face à l'impasse dans laquelle se trouve sa ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Nicolas Sarkozy a, à l'issue d'une réunion avec Valérie Pécresse et la médiatrice Claire Bazy-Malaurie, chargée de la réforme du statut des enseignants-chercheurs, demandé vendredi soir que soient « rapidement explorées de nouvelles pistes pour [leur] évaluation et l'organisation de leurs services ». Nouvelle reculade, lâchage, reprise en main du dossier par le chef de l'État, comme le précédent avec Xavier Darcos et la réforme du lycée ? Non, selon son entourage, l'intervention de Nicolas Sarkozy doit au contraire être considérée comme un soutien à Valérie Pécresse? Pour preuve, il n'est pas question de dévier de la ligne fixée par la médiatrice mercredi dernier à l'issue d'une première réunion boycottée par le syndicat majoritaire Snesup-FSU : il y aura bien un « texte nouveau » intégrant des « changements », mais le décret ne sera pas « entièrement revu ». Rue Descartes, on tenait même à préciser ce week-end que le rendez-vous à l'Élysée s'est tenu à la demande de Valérie Pécresse. La ministre a d'ailleurs refusé hier sur Radio J de qualifier le texte de « caduc », comme le demande le Snesup, et prévoit toujours une mise en ?uvre à la rentrée 2009.Quoi qu'il en soit, le communiqué de Nicolas Sarkozy illustre bien la volonté de calmer le jeu. Son discours du 22 janvier, stigmatisant la recherche française, a attisé la fronde. Membres de l'Institut universitaire de France, directeurs de laboratoires de Polytechnique, Conférence des présidents d'universités (CPU), les lettres de protestation se multiplient. Peine perdue, son intervention de vendredi ne convainc toujours pas. « La question du décret est mineure. Il ne répond pas à l'ensemble des questions posées par le mouvement », indique Jean-Louis Fournel, porte-parole de Sauvons l'université (SLU). nouvelle journée d'actionDans le sillage des états généraux de la recherche de 2004, Isabelle This Saint-Jean, présidente de Sauvons la recherche (SLR), réclame des négociations sur « l'emploi scientifique (alors que 1.030 suppressions de postes sont prévues en 2009) et des grands organismes de recherche ». SLR et SLU ont décidé ce week-end de décliner la proposition de rencontre de Claire Bazy-Malaurie. Idem pour la deuxième grande revendication du mouvement actuel, le report de la réforme des enseignants, dite « mastérisation ». Selon le Snesup, seules 5 universités sur 83 auraient transmis les maquettes des futurs mastères enseignement. Et le délai supplémentaire obtenu vendredi (report du 15 février au 31 mars de la date butoir) est jugé cosmétique.Dans ce contexte, le rapport de forces devrait se durcir. Après le succès des manifestations du 10 février, une nouvelle journée d'action est prévue le 19, et les grèves se multiplient dans les universités et les organismes de recherche. n

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