Des subprimes à l'affaire Madoff,

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Après un an et demi de crise financière, UBS est la banque au monde la plus touchée avec Merrill Lynch. Subprimes, valse des dirigeants, affaire Madoff, fraude fiscale: la crise n'a pas épargné le groupe suisse. Les subprimes. UBS est touchée dès le mois de mai 2007 en fermant un de ses hedge funds investi sur les crédits immobiliers à risque américains, les fameux subprimes. Mais la banque d'investissement d'UBS regorge de subprimes, jusqu'à 200 milliards de dollars. Cette colossale exposition va provoquer la chute de la banque. À cause des subprimes, UBS a perdu 4,4 milliards de francs suisses en 2007 et 20,9 milliards en 2008. Elle a dû faire appel à l'aide de la Confédération suisse et a transféré 39,1 milliards de francs suisses d'actifs toxiques à la Banque nationale Suisse.La crise de gouvernance. Depuis le début de la débâcle, UBS vit avec une gouvernance critiquée. En juillet 2007, la banque réalise le montant colossal de son exposition aux subprimes. Son président, Marcel Ospel, évince le directeur général, Peter Wuffli, et le remplace par Marcel Rohner. Mais la crise s'aggrave et les pertes d'UBS s'accumulent. Marcel Ospel, président du conseil d'administration d'UBS et figure emblématique de la banque, est contraint, malgré sa grande résistance, de laisser sa place à Peter Kurer, qui a lui aussi quitté son poste hier. Comble de la valse des dirigeants, c'est désormais Oswald Grübel, l'ancien patron du rival Credit Suisse, qui est devenu directeur général d'UBS.L'affaire Madoff. L'arrestation de Bernard Madoff, le 11 décembre 2008 à New York, lève le voile sur une fraude d'une cinquantaine de milliards de dollars. UBS est rapidement montrée du doigt. Car la banque suisse gérait des Sicav, comme la luxembourgeoise LuxAlpha (1,4 milliard de dollars d'encours), intégralement investies chez l'escroc new-yorkais. Le manque de coopération avec le régulateur et le refus d'indemniser ses clients ont contribué à dégrader l'image du groupe bancaire. Pour l'heure, plusieurs plaintes contre UBS, provenant notamment de clients institutionnels et privés français, ont été déposées devant les tribunaux du Grand-Duché.aides illégalesLe scandale fiscal aux États-Unis. 12 novembre 2008 : les services fiscaux américains (IRS) rendent publique la mise en accusation de Raoul Weil, le patron de l'activité de gestion de fortune d'UBS aux États-Unis. Le grief ? Raoul Weil ainsi que des cadres dirigeants auraient aidé illégalement des dizaines de milliers de riches Américains à dissimuler leur fortune au fisc. Après de multiples man?uvres de résistance, UBS accepte finalement, le 19 février, de verser 780 millions de dollars à la justice américaine et de dévoiler le nom d'environ 250 clients fraudeurs. Mais l'affaire ne s'arrête pas là. Aujourd'hui encore, le fisc américain exige de la banque de Zurich qu'elle lui livre l'identité de 52.000 titulaires de comptes aux États-Unis. Alexandre Maddens et Matthieu Pechberty

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