États-Unis : le marché de l’emploi ralentit, les marchés jubilent

Autre surprise : le secteur de l'hôtellerie-restauration contribue à la baisse générale des emplois ce mois-ci.
BS - REUTERS - BRIAN SNYDER

Autre surprise : le secteur de l'hôtellerie-restauration contribue à la baisse générale des emplois ce mois-ci.
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Les investisseurs sont mitigés face au nouveau rapport sur l’emploi américain. Au mois de juin, 57 000 emplois ont été créés aux États-Unis. C’est loin de l’estimation des différents consensus des marchés qui s’attendaient à 110 000 créations. Surtout, les embellies des mois précédents ont été revues à la baisse, de 31 000 pour avril et de 43 000 pour mai.
« Autrement dit, le ralentissement du marché du travail n'a pas commencé en juin, il était déjà présent dans les chiffres précédents », argue dans une note John Plassard, analyste pour Cité Gestion Private Bank.
Autre surprise : le secteur de l’hôtellerie-restauration contribue à la baisse générale des emplois ce mois-ci. En mai, il était pourtant le principal moteur et certains s’attendaient à un effet Coupe du monde pour dynamiser de nouveau les emplois dans cette branche.
Le taux de chômage a cependant surpris en reculant, lui, de 4,3 % à 4,2 % en juin. Mais cette légère baisse n’est pas concomitante à une remontée des emplois. Le bureau américain des statistiques du travail souligne même que les embauches sont « plus faibles » que d’ordinaire à cette époque. « Le recul du chômage ne résulte pas d'une accélération des embauches, mais d'un nombre croissant d'actifs qui cessent de rechercher un emploi », complète John Plassard.
Les entreprises se montrent également attentistes et préfèrent reporter leurs embauches face au bouleversement de l’intelligence artificielle. « Alors que les craintes d'une suppression généralisée d'emplois [à cause de l'IA] se sont intensifiées, son adoption s'avère plus progressive et plus coûteuse que beaucoup ne l'avaient prévu », relève Gregory Daco, économiste à EY.
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Le marché du travail perd de son dynamisme, ce qui pose de nombreuses questions sur la santé de l’économie américaine. En revanche, les investisseurs peuvent y voir un signal davantage positif. Un marché du travail américain trop dynamique crée des pressions inflationnistes, de quoi inciter la Fed, la Réserve fédérale américaine, à ne pas baisser ses taux, voire à les remonter.
Dans ce contexte, Wall Street ouvrait dans le vert, les investisseurs anticipant davantage un statu quo lors de la prochaine réunion de la Fed. Vers 16H00, le Dow Jones prenait 0,57 %, l'indice Nasdaq s'octroyait 0,82 % et l'indice élargi S&P 500 avançait de 0,71 %.
« Si un rapport sur l'emploi plus faible que prévu n'est évidemment pas une bonne nouvelle pour l'économie, il pourrait néanmoins constituer une bonne nouvelle pour les actifs risqués en réduisant la pression sur la Réserve fédérale pour qu'elle conserve un ton résolument restrictif », ajoute Bret Kenwell, analyste des marchés américains pour eToro.
Lors de sa première réunion à la tête de la banque centrale américaine, Kevin Warsh a pointé du doigt l’inflation comme l’une de ses principales luttes. « Ce comité rétablira la stabilité des prix », avait alors insisté l’homme de 56 ans.
Mais déjà les dernières déclarations la veille de cet ancien faucon ont quelque peu rassuré les marchés. Présent au forum annuel de la Banque centrale européenne (BCE) à Sintra, au Portugal, Kevin Warsh a indiqué mercredi que les anticipations sur les hausses de prix avaient diminué ces derniers jours. Il n’a néanmoins donné aucune indication prospective, une nouvelle règle que le président s’est fixée.