Confusion autour de la dette équatorienne

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Les montants en jeu ne sont pas exorbitants, et la décision plus politique qu'économique était relativement attendue. Il n'empêche, le fait de voir un pays faire défaut sur sa dette extérieure ne peut que marquer les esprits, et faire craindre, surtout dans le contexte actuel, des pressions supplémentaires sur le marché du crédit des pays émergents. Après les Seychelles, l'Équateur est cette année le second pays à ne pas honorer sa dette, ce qui conduit à s'interroger sur le degré de contagion à d'autres pays.deux pays sous pressionPourtant, si ce scénario est évoqué, il n'est pour l'heure guère jugé comme étant le plus probable. « Ce cas est relativement isolé, estime Thomas Fallon à La Française des Placements, et, si risque il y a, il est aujourd'hui plus d'ordre politique et devrait essentiellement mettre sous pression deux pays, à savoir l'Argentine et la Vénézuela. » De fait, cette fois, la décision équatorienne est cataloguée comme étant plus « idéologique » qu'économique. Le pays a aujourd'hui les moyens d'honorer sa dette, ? ses réserves de change avoisinent les 6,5 milliards, de dollars et l'endettement représente environ 25 % de ses finances publiques ? et s'il se refuse à payer c'est avant tout, selon son président, Rafael Corea, en raison des « irrégularités » qui pèsent sur la façon dont a été négociée une partie de cette dette, soit près de 40 % de celle-ci (soit 10,3 milliards de dollars).Ces arguments expliquent en partie le relatif attentisme des investisseurs hier, même si celui-ci était également largement à mettre sur le compte de la confusion. « Il y a pour l'heure beaucoup d'incertitudes, notamment sur le fait de savoir si cette décision s'appliquera à l'ensemble de la dette souveraine ou au seul coupon évoqué vendredi », estimait un gérant. Car si l'Equateur persistait hier dans son refus de payer les 30,6 millions de dollars d'intérêts dus au titre de bons à échéance 2012, il a laissé en revanche ouverte la possibilité de rembourser ceux des bons venant à échéance en 2015. De quoi semer encore le trouble autour de la stratégie du gouvernement. Si Rafael Corea a d'ores et déjà averti qu'un plan de restructuration de cette dette était en préparation, avec à la clé une baisse drastique ? estimée à plus de la moitié ? de la valeur des obligations, il ne devrait en dévoiler la teneur que dans quelques jours. Enfin, histoire de brouiller encore un peu plus les pistes, la presse locale a fait état du rachat par les autorités équatoriennes de la dette incriminée pour près de 700 millions de dollars. Un geste a priori inattendu alors que le pays se déclare en défaut. Mais qui démontre, si tel est le cas, que le pays table sur le fait que sa dette vaudra nettement plus chère après restructuration. M. B.++BSD ++PasSupprimerBalise balise systèmene pas supprimer++BSF ++

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