À Matignon, Fillon reprend du service comme « fusible »

Même si sa courbe de popularité suit une pente descendante, parallèlement à celle de Nicolas Sarkozy, François Fillon apparaît un peu épargné dans la tempête économique et sociale. Lors de la journée d'action du 29 janvier, tous les observateurs ont noté que le nom du chef du gouvernement était absent des slogans hostiles des manifestants. Et du coup, le Premier ministre « fusible » reprend du service. C'est lui qui s'est rendu à Bruxelles vendredi dernier pour défendre devant la Commission européenne le plan français de soutien à l'automobile, entaché de soupçons de protectionnisme. François Fillon a promis que la France serait « au premier rang du combat » contre le rétablissement de barrières commerciales. C'est encore lui qui a préparé le sommet social de demain, auquel il participera aux côtés de Nicolas Sarkozy. Le chef du gouvernement a réuni une semaine plus tôt ses ministres pour faire le point sur les principaux sujets susceptibles de figurer à l'agenda social des prochains mois. ligne inflexible Hier, François Fillon et la ministre de l'Économie, Christine Lagarde, étaient en déplacement à Lestrem, dans le Pas-de-Calais, pour parler compétitivité et taxe professionnelle, dont le président a annoncé la suppression partielle en 2010. Plus significatif encore, Nicolas Sarkozy s'est effacé de la gestion du dossier social antillais, laissant le champ libre à François Fillon. L'occasion pour le Premier ministre, qui se positionne souvent en gardien de l'orthodoxie budgétaire et comme celui qui n'a « pas peur de dire la vérité aux Français », de camper sur une ligne inflexible. François Fillon a ainsi refusé un financement de l'État via un allégement des charges salariales pour une augmentation de 200 euros des salaires en Guadeloupe.Conforté à Matignon par Nicolas Sarkozy, qui l'a cité à de nombreuses reprises dans son intervention télévisée du 5 février, François Fillon a adossé son retour politique au plan de relance présenté début décembre par le président de la République. Le chef du gouvernement s'est rendu à Lyon pour dévoiler les « mille » chantiers du redémarrage espéré de l'économie et a surtout porté le fer contre l'opposition de gauche à l'Assemblée nationale. Chef de la majorité parlementaire, François Fillon continue de bénéficier d'une bonne cote auprès des députés UMP. Mais ce retour du traditionnel clivage droite-gauche lui coûte bien évidemment des points dans l'opinion. Un récent sondage TNS Sofres indique que le Premier ministre perd sérieusement du terrain chez les salariés et les chômeurs ainsi que chez les retraités et les femmes au foyer, mais aussi chez les catégories moyennes, des populations qui s'inquiètent des conséquences de la crise. Dans l'adversité, François Fillon applique la méthode Sarkozy : faire le gros dos.

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