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L'Élysée au régime minceur??

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Publié le 31 mars 2009 à 08:56 - Mis à jour le 31 mars 2009 à 08:56

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Son nom relève presque du secret défense. Voici quelques mois, le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, Christian Frémont, lui a demandé de traquer les dépenses inutiles de la présidence de la République. Et depuis, il suit sa feuille de route à la lettre. Son credo?? Toute économie est bonne à prendre. Les cartes de v?ux désormais facturées aux collaborateurs du président, c'est lui?: 3.000 euros de gagné par an. Les plateaux-repas facturés 8 euros au lieu de 6 à la vingtaine de conseillers seulement qui y ont droit, c'est lui aussi. À la clé?: 5.000 euros d'économies. La hausse du prix des repas à la cantine de 50 centimes, ce qui porte le ticket à 3,63 euros?? Toujours le même. Ce « cost-killer » soumis à l'anonymat a même taillé dans les bouquets de fleurs devenus plus modestes et les voyages des conseillers qui, bon gré mal gré, doivent désormais se contenter de la classe économique pour les trajets inférieurs à 7 heures?le coût des déplacements a tripléDe tous ses faits d'armes, c'est sans doute la réduction de 165.000 euros du budget consacré à la cave de l'Élysée qui a fait couler le plus d'encre. Économies de bout de chandelles, diront les mauvaises langues, comparées aux 20 millions d'euros que coûtent chaque année les déplacements du président, un chiffre triplé en deux ans.En fait, les véritables économies se situent ailleurs?: dans les dépenses de personnel qui représentent aujourd'hui 70 millions d'euros par an. L'objectif est de réduire la masse salariale de 3 %. « J'ai demandé à tous les chefs de service de faire des efforts », affirme Christian Frémont. La présidence a donc décidé de se séparer d'un certain nombre de collaborateurs, essentiellement des secrétaires et des personnels de service. Depuis la fin 2008, une quarantaine de fonctionnaires, dont une assistante sociale recrutée sous François Mitterrand, ont été priés de retourner dans leur administration d'origine ou de demander à bénéficier d'une autre affectation. Au total, les effectifs sont déjà passés de 1.032 à 991. À l'été, ils devraient descendre à 950, après le retour dans le giron du ministère de la Culture des agents chargés d'entretenir les châteaux de Rambouillet et de Marly-le-Roi.Car l'Élysée a décidé, voici quelques semaines, de rétrocéder à l'État la gestion de ces deux domaines présidentiels que Nicolas Sarkozy apprécie peu et qui pèsent sur les comptes de la présidence. Également mis à l'index, le domaine de Souzy-la-Briche, dans l'Essonne, une élégante demeure du XIXe siècle, entourée d'un parc de 380 hectares, qu'appréciait François Mitterrand pour, le week-end, y retrouver en toute discrétion sa fille Mazarine. Problème?: ce bien a été légué au milieu des années 1970 par un banquier qui y est d'ailleurs enterré avec sa femme et son chien? Et le testament prévoit qu'il doit rester la propriété de la présidence de la République. Christian Frémont, le directeur de cabinet, vient donc de demander une étude juridique pour savoir s'il était possible de casser le testament. Ce qui permettrait à la présidence de céder le bien et? d'encaisser le prix de la vente.Les crédits liés à l'aménagement des bâtiments de la présidence (Élysée, hôtel de Marigny et palais de l'Alma) ont été réduits, après il est vrai que 3 millions d'euros avaient été dépensés en 2007 pour l'installation de Nicolas Sarkozy et de son cabinet. Même les travaux d'entretien les plus importants, comme la restauration du salon Murat où se déroule le Conseil des ministres, attendront. Mais pour une autre raison?: l'Élysée étant classé monument historique, ces chantiers sont sous la responsabilité du ministère de la Culture, qui doit les prendre en charge sur son budget. Or, en cette période de vaches maigres, la Culture a d'autres chats à fouetter.Autre gisement potentiel d'économies? : les contrats passés par la présidence. Autrefois, l'Élysée avait « ses » fournisseurs attitrés?: traiteurs, fleuristes, imprimeurs? avec lesquels le Palais avait l'habitude de travailler. Désormais, sauf situation d'urgence, comme la réception imprévue d'un dignitaire étranger sous 24 heures, la présidence met systématiquement en concurrence les candidats. Le Château a également mis en place des outils de gestion qui existent depuis belle lurette dans une entreprise?: budget prévisionnel, comptabilité d'engagement, compte rendu mensuel d'exécution, etc. Un tableau de bord et des « indicateurs de performances » sont en cours d'élaboration.gestion : la nouvelle donneFaire des économies?: l'injonction est venue de Nicolas Sarkozy bien avant le début de la crise économique. Le président estimait en effet difficile d'imposer aux administrations des efforts, comme le non-remplacement d'un départ sur deux, sans en faire soi-même. Nicolas Sarkozy a donc exigé que le budget de la présidence n'augmente pas plus de 2 % en 2009. Mais il y a d'autres explications à ce soudain engouement pour une gestion en bon père de famille. Depuis 2008, le budget propre de l'Élysée doit prendre en charge l'essentiel des dépenses engagées par la présidence. Ce qui était loin d'être le cas auparavant. Le député PS René Dosière (voir encadré ci-dessous) avait ainsi mis en évidence que, sous Jacques Chirac, les quelque 30 millions d'euros par an du budget officiel ne représentaient qu'un petit tiers des dépenses réelles. Les autres étaient assumées par les ministères?: l'Intérieur pour les policiers chargés de la sécurité, la Défense pour les gardes républicains et les déplacements aériens, le Quai d'Orsay pour les réceptions officielles, la Ville de Paris pour les jardiniers. Soucieux de mettre un terme aux polémiques, Nicolas Sarkozy a, dès son entrée en fonctions, fait réintégrer ces dépenses dans le budget officiel de la présidence. Désormais, l'Élysée doit rembourser aux différents ministères les traitements des 880 fonctionnaires détachés. Ce qui l'incite évidemment à tailler dans les effectifs.après le « bling bling », la rigueurMais les soucis d'économie s'expliquent aussi par une raison plus politique. Après des débuts de présidence très « bling bling », la polémique sur l'augmentation de 172 % de son traitement fin 2007 (18.690 euros brut par mois, soit l'équivalent de celui du Premier ministre) et l'achat d'un Airbus A330 à 100 millions d'euros pour en faire le « Air Force One tricolore », Sarkozy a voulu à l'évidence envoyer un message de rigueur. Pour démontrer sa bonne foi, le président a d'ailleurs décidé un geste symbolique. Dans un courrier du 14 mai 2008 adressé à son ancien acolyte du RPR Philippe Séguin, aujourd'hui premier président de la Cour des comptes, Nicolas Sarkozy a autorisé la Cour à contrôler le budget de la présidence. Depuis Louis XVI, jamais aucun dirigeant français n'avait accepté de le faire, rappelle fièrement le directeur de cabinet. Depuis septembre, trois conseillers maîtres viennent donc régulièrement à l'Élysée où un petit bureau a été mis à leur disposition. Après avoir examiné les procédures de gestion, ils ont entamé voici quelques jours l'examen des comptes 2008. L'Élysée promet qu'il publiera un bilan de sa gestion reprenant les observations des magistrats. On saura alors si la chasse aux économies aura été vraiment efficace. nDe toutes les initiatives, c'est sans doute la baisse de 165.000euros du budget consacré à la cave qui a fait couler le plus d'encre.

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