Le scénario

Avec le fort rebond de la Bourse depuis le 9 mars et le retour des émetteurs sur les marchés financiers, les perspectives économiques semblent commencer à se dégager. Aux États-Unis, d'où la crise est partie, certains économistes voient le rebond de l'activité à la fin de l'année. Même le FMI, qui avait à plusieurs reprises révisé ses prévisions d'activité à la baisse, a pour la première fois depuis longtemps opéré en sens inverse. Et, en France, l'Insee s'interroge sur la fin de l'année. Si toutes les périodes de transition sont marquées par des signaux contradictoires, les seuls chiffres d'activité n'indiquent pour l'heure qu'un ralentissement de la baisse. Alors, le scénario de sortie de crise rapide est-il crédible ? Propos recueillis parÉric Benhamou etValérie SegondChristian ParisotOUILe pire est écarté. Chacun révise ses prévisions sur la fin d'année.Depuis trois mois, toutes les enquêtes menées auprès des chefs d'entreprise, et ce dans le monde entier, révèlent une forte amélioration des perspectives. Nous sommes donc à un véritable point d'inflexion, et le sentiment général du climat des affaires est bien que le pire de la récession est passé. La lecture littérale de la dernière enquête Ifo Monde indique même que la reprise pourrait, en trois ou six mois, effacer la moitié de la récession que nous avons connue ! Bien sûr, il faut apporter au moins deux bémols. Tout d'abord, les enquêtes ne nous disent rien sur l'ampleur et le calendrier de la reprise : elles indiquent une tendance, rien de plus, même si cette tendance est désormais plus positive. Ensuite, il existe en effet un grand décalage entre le résultat de ces enquêtes et la réalité des statistiques économiques. Autrement dit, l'amélioration pressentie ne se traduit pas encore dans les chiffres d'activité, d'emploi, de déstockage, qui restent globalement mauvais, voire très mauvais. Ce qui est certain, notamment aux États-Unis, c'est que le scénario du pire est désormais écarté et que les économistes commencent tous à relever leur projection de croissance, notamment sur le troisième et quatrième trimestre de 2009. C'est une première depuis longtemps. Le débat porte aujourd'hui sur la nature de la sortie de crise que nous allons connaître. Sur la base des seules enquêtes, la reprise s'annonce relativement forte mais il faut rester prudent dans leurs interprétations. Mais les signes de redressement chinois, à la faveur de leur plan de relance, et la grande convergence des signes d'amélioration dans pratiquement tous les grands pays alimentent ce scénario optimiste. D'ailleurs, d'une façon générale, les différents plans de relance sont aujourd'hui perçus avec beaucoup plus de sérieux que lors de leur annonce. Cela a également contribué au retour de la confiance, comme le recul du risque bancaire. La crise nous a montré que les ajustements pouvaient être extrêmement rapides et violents, il n'est donc pas exclu de connaître des mouvements d'aussi grande ampleur pour l'après-crise. Maintenant, l'hypothèse d'une reprise molle reste toujours privilégiée, surtout en Europe. Peu probable, en effet, de revoir rapidement les taux de croissance que le monde a connu avant la crise. nNONLaurent CarrouéLa destruction de richesse a été fantastique. Il y aura des répliques.

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