Un baron de la drogue dans le classement « Forbes »

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L'armée mexicaine a annoncé jeudi avoir interpellé Vicente Zambada Niebla, un des dirigeants du cartel de la drogue de Sinaloa, considéré comme l'un des plus puissants du pays.Cette organisation mafieuse serait en fait dirigée par Joaquin Guzman. Or, ce baron de la drogue a récemment fait une entrée remarquée dans le classement 2009 des hommes les plus riches de la planète, publié ce mois-ci par le magazine américain « Forbes » : un classement qui soulève la polémique en terre aztèque. Avec un bas de laine estimé à 1 milliard de dollars, Joaquin Guzman Loera vient ainsi d'accéder au club très fermé des fortunes mondiales. Le narcotrafiquant, dont la tête est mise à prix par le gouvernement américain pour 5 millions de dollars, est l'homme le plus recherché du Mexique. « Il ne donne pas d'interview », précise Luisa Kroll, éditrice de « Forbes », qui situe ce baron de la drogue à la 701e place de son classement. marché illicite Surnommé El Chapo Guzman (le trapu Guzman) pour sa petite taille (1,55 m), le charismatique criminel de 54 ans est le héros de nombreux « narcocorridos », mélodies à la gloire des narcotrafiquants. Certaines de ces chansons racontent son évasion en 2001 d'une prison de haute sécurité dans un chariot de linge sale. Depuis, Joaquin Guzman Loera vivrait caché au nord du Mexique. Connu pour sa cruauté, son cartel s'est lancé dans un conflit sanguinaire avec ses concurrents pour le contrôle des routes d'approvisionnement des États-Unis. 90 % de la cocaïne consommée par le voisin du Nord transite par le Mexique, source aussi du trafic d'héroïne, de métamphétamines et de marijuana. Évalué entre 25 et 40 milliards de dollars par an, ce marché illicite est le second secteur économique du pays, après le pétrole et devant l'envoi de fonds des émigrés ! Il emploie 450.000 Mexicains, dont 300.000 agriculteurs, selon le département d'état américain. La présence d'El Chapo Guzman dans la liste de « Forbes » aux côtés d'une dizaine d'autres Mexicains, comme Carlos Slim (no 3), a de quoi embarrasser le gouvernement, lancé depuis deux ans dans une guerre frontale contre le trafic de drogue. « La fin du cartel de Sinaloa est une priorit頻, répète le procureur général, Eduardo Medina Mora. La bataille contre la criminalité a fait 5.300 morts en 2008 et déjà plus de 1.300 depuis janvier 2009 sans parvenir à capturer le narcomilliardaire.Frédéric Saliba, à Mexico

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