1.000 milliards d'argent public et privé pour désintoxiquer la finance américaine

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Timothy Geithner a retenu la leçon du 10 février : c'est après avoir minutieusement préparé le terrain en publiant une tribune dans le « Wall Street Journal » que le secrétaire au Trésor, jugé peu charismatique, a présenté hier le détail du mécanisme de reprise de 500 milliards à 1.000 milliards de dollars d'actifs toxiques du système financier, reposant sur un partage des pertes et profits avec le secteur privé. L'entourage du ministre a tenu à rassure r les opérateurs de marché, dont le soutien est crucial pour la réussite de son plan. Les investisseurs privés, qu'ils soient fonds de capital investissement, gestionnaires d'actifs, hedge funds ou fonds de pension, qui participeront aux efforts du Trésor visant à purger le bilan des banques ne seront logiquement pas soumis à des contraintes comparables à celles imposées aux établissements financiers renfloués par le gouvernement fédéral.Ce plan détaillé hier prévoit que le Trésor puise entre 75 milliards et 100 milliards de dollars du programme de soutien au secteur financier voté à l'automne (Tarp) pour lancer le PPIP, son programme d'investissement public-privé. Cette somme en capital ne sera apportée par l'État que si le secteur privé se déclare en mesure de lever un montant de capitaux équivalents. Il sera également soutenu par la Réserve fédérale et la FDIC, le principal régulateur bancaire américain (« La Tribune » du 23 mars), qui apporteront soit de la dette, soit une garantie. Cet effet de levier permettra in fine au programme d'être doté d'«un pouvoir d'achat de 500 milliards de dollars » qui « à terme, pourra être porté à 1.000 milliards », selon le Trésor.Les acteurs privés intéressés pourront acquérir aux enchères deux types d'actifs : d'un côté, des créances douteuses et de l'autre, des créances immobilières toxiques (résidentielles ou commerciales) pour lesquelles il n'existe plus aucune liquidité, en dépit d'une notation AAA obtenue lors de leur émission. dette émise garantiePour ce qui est des créances douteuses, une banque qui souhaite céder un portefeuille s'adressera à la FDIC. Celle-ci mettra l'enveloppe aux enchères. Elle retiendra la meilleure offre. Le PPIP investira en capital le même montant que l'investisseur privé. Ensuite, la FDIC garantira la dette émise par le véhicule d'investissement monté ad hoc, à hauteur de six fois le montant du capital (pour un investissement de 50 dollars du privé, le PPIP en investit autant et la FDIC garantit 600 dollars de dette).Pour ce qui est des actifs immobiliers toxiques, le programme prévoit que le plan, jusqu'ici destiné au rachat de créances adossées à des crédits à la consommation (Talf), soit élargi à l'immobilier. Pour ces créances, le Trésor va sélectionner cinq sociétés de gestion chargées de lever des capitaux privés, qu'il abondera dans des proportions équivalentes. Ensuite, la Réserve fédérale prêtera jusqu'à deux fois le montant du capital (si le privé met 50 dollars, le Talf investira autant, et la Fed 200 dollars). La remise des candidatures est programmée le 10 avril et les opérateurs retenus seront désignés d'ici au 1er mai. Dès hier, les gestionnaires d'actifs Pimco et BlackRock ont fait connaître leur intérêt pour ce programme, tandis que pour Carlyle « cet ambitieux programme est structuré de manière à attirer le capital priv頻. n

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