Une armée toujours aussi choyée

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Un an après la guerre avec la Géorgie, le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a décidé d'en marquer l'anniversaire avec un ambitieux programme de réarmement du pays. « En dépit des conditions difficiles auxquelles nous faisons face en raison de la crise internationale, nous avons trouvé la possibilité non seulement de maintenir mais aussi d'augmenter les commandes militaires de l'État de 1,2 % », a déclaré Vladimir Poutine. Son vice-Premier ministre, Sergueï Ivanov, chargé du complexe militaro-industriel, a indiqué dans la foulée que le gouvernement dépensera 12 milliards d'euros en 2010 pour ce programme, pour un budget total de la défense de 24,5 milliards d'euros. La décision est sans surprise, l'appétit de l'armée ayant toujours été décorrélé des réalités économiques? Du temps de l'URSS, toute l'économie soviétique se saignait à blanc pour soutenir l'effort militaire.Les commandes militaires de l'État incluent les dépenses en armement de toutes les organisations de sécurité russes, ministère de la Défense, ministère de l'Intérieur, FSB (ex-KGB) et services de contre-espionnage et de renseignement. La première servie sera l'armée de l'air, qui a cessé de commander des avions? depuis 1993. Le gouvernement fournit une aide significative aux constructeurs russes, dont les carnets de commandes ont du mal à se remplir.une vaste réformeAu-delà de la stratégie de modernisation de l'appareil militaire russe, Moscou s'est lancé dans une vaste réforme des armées, passant d'une doctrine s'appuyant sur la conscription massive, à un concept d'armée plus compacte, fondée sur des unités professionnalisées. Cette réforme déplaît beaucoup dans les rangs des généraux, lesquels freinent des quatre fers.Autre problème, bien que l'armée russe ait écrasé l'adversaire géorgien l'été dernier, les combats ont révélé de très nombreux dysfonctionnements sur le terrain. Beaucoup de pertes russes ont été causées par des tirs venus de leur propre camp, en raison d'un système de communication obsolète. En outre, les armes de haute précision continuent de manquer au sein de l'arsenal russe. Autant d'éléments qui ont fait douter de nombreux experts de la capacité de l'armée russe à triompher d'un adversaire supérieur à la modeste armée géorgienne? Bref, les experts estiment dans l'ensemble que la Russie ne conserve son autorité militaire que grâce à sa force de dissuasion nucléaire. E. G., à Moscou

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