Le chef de l'état reprend la main sur l'Outre-mer

 |   |  498  mots
à peine son discours prononcé devant le Congrès et le remaniement ministériel bouclé, Nicolas Sarkozy s'est envolé pour deux jours aux Antilles. Il sera en Martinique aujourd'hui et en Guadeloupe demain. Marie-Luce Penchard, son ancienne conseillère à l'Élysée qui a remplacé, mardi, Yves Jégo au secrétariat d'État à l'Outre-mer, inaugurera ses nouvelles fonctions en accompagnant le chef de l'État.« Je parlerai là-bas des moyens juridiques et matériels d'assurer l'égalité avec la métropole », a-t-il affirmé lors de son intervention devant le Congrès. En février, en pleins troubles à la Guadeloupe et à la Martinique, le président avait promis de se rendre sur place à la fin avril pour lancer des états généraux destinés à trouver des solutions à la crise sociale et économique. Plusieurs fois reportée pour cause de mouvements sociaux persistants et violents, la visite présidentielle aura donc lieu à mi-parcours de ces états généraux.Au total, près de 10.000 personnes ont participé à quelque 200 réunions dans les DOM mais aussi en métropole. C'est en Guadeloupe, là où a commencé le conflit, que le nombre de participants a été le plus important : 3.000 contre 2.000 en Martinique et à La Réunion. Le coût de la vie, le développement de l'économie locale, la réforme de la gouvernance des DOM, l'égalité des chances et l'insertion ont été les principaux sujets abordés lors de ces réunions. Les états généraux devraient s'achever le 31 juillet pour donner lieu à une synthèse nationale fin septembre sous l'égide du gouvernement. Un mois plus tard, un Comité interministériel devrait arrêter les mesures concrètes retenues par l'exécutif.Zones franches.Mais Nicolas Sarkozy n'arrive pas les mains vides aux Antilles. Il rappellera que 220.000 personnes touchent depuis début juin la prime de 100 euros par mois (le revenu supplémentaire temporaire d'activité) promise par l'État lors des accords de sortie de crise signés le 4 mars. Le président devrait également annoncer la publication accélérée des décrets d'application de la loi pour le développement économique de l'outre-mer (Lodeom) votée à la quasi-unanimité du Parlement en mai. Elle prévoit en particulier des exonérations de charges dès cette année pour les petites entreprises et les artisans dans le cadre de zones franches. Après Nicolas Sarkozy, Patrick Devedjian, le ministre de la Relance, devrait faire lui aussi le déplacement aux Antilles pour comprendre pourquoi le plan « patine » outre-mer.Le LKP, qui a mené la grève de quarante-quatre jours en Guadeloupe et qui boycotte les états généraux, attend pourtant de pied ferme Nicolas Sarkozy. Le mouvement a d'ailleurs décrété « une semaine de mobilisation » avec des grèves de 24 heures reconductibles. « L'État et le Medef veulent revenir sur les accords signés le 4 mars », affirmait hier, dans une interview virulente au « Parisien », élie Domota, le leader du LKP. n

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :