L'Europe de l'Est, chasse gardée d'une poignée de fonds

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Lundi 24 novembre, la structure américaine de capital-investissement Carlyle annonçait la fermeture de son bureau de Varsovie, le seul en Europe de l'Est. Seulement quatre mois après l'avoir inauguré et un mois après que David Rubenstein, le cofondateur de Carlyle, avait déclaré sa volonté de déployer plus de capitaux dans les pays émergents, y compris en Europe centrale et orientale. Au siège européen, à Londres, on justifie cette fermeture par un « contexte d'investissement inadapt頻. Avant de rappeler que Carlyle « continuera d'étudier chaque opportunit頻 en s'appuyant sur les fonds existants : Carlyle Europe Partners III (5,4 milliards d'euros) et Carlyle Europe Technology (530 millions d'euros). Toujours est-il que ce retrait traduit une difficulté à investir dans la région. L'équipe en place à Varsovie n'a conclu aucune opération depuis sa création. Un syndrome qui a touché plusieurs grands fonds arrivés en Europe de l'Est peu avant le déclenchement de la crise. Sur la quinzaine de montages réalisés avec succès depuis mi-2007 dans la région, seuls trois ont été le fait de nouveaux venus (3i, Industry Capital et Bridgepoint). Pour le reste, ce sont des acteurs comme Advent International et Mid Europa, implantés respectivement depuis 1994 et 1999 dans cette zone, qui se sont taillé la part du lion.« Sur les dix-huit derniers mois, nous avons déjà conclu six opérations », témoigne Thierry Baudon, le président de Mid Europa. Une autre est d'ailleurs venue s'ajouter à la liste aujourd'hui, avec le rachat pour 365 millions d'euros à Lehman Brothers de sa part dans l'opérateur de radiocommunications tchèque CRa. expérience et réseauPour Thierry Baudon, si les « historiques » de la région dament le pion aux mastodontes du private equity, c'est notamment grâce à leur « expérience du terrain ». « Pour réussir ici, un réseau et une réputation à toute épreuve sont indispensables. Or ce n'est pas en quelques mois de présence qu'un fonds peut arriver à ce résultat », juge-t-il. S'il concède « une moindre disponibilité de la dette », le président de Mid Europa ne s'inquiète pas pour l'avenir : son fonds (1,5 milliard d'euros), MEF III, clos en octobre 2007, devrait être investi comme prévu à hauteur de 30 % d'ici à la fin de l'année.Cet optimiste semble être partagé par l'ensemble des fonds présents en Europe de l'Est. Toutefois, l'horizon d'investissement se restreint, certaines régions entrant peu à peu sur la liste noire des investisseurs. « Il est clair que des investissements dans des pays comme l'Estonie, la Hongrie ou la Bulgarie seront effectués avec une plus grande prudence qu'auparavant », convient Fabrice Callet, directeur du private equity dans les pays émergents à Société Générale Asset Management. Alexandre Madde

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