Natixis, le péché originel
La Tribune
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cite>Natixis devait être le joyau des Caisses d'Épargne et des Banques Populaires, elle est devenue leur boulet. Deux ans après sa création, la banque a annoncé hier 2,8 milliards d'euros de pertes pour l'année 2008. Pourtant, à l'époque, l'ambition de Natixis était de devenir une grande banque d'investissement. En 2006, les deux banques mutualistes annoncent le mariage de leurs filiales respectives dédiées aux entreprises et aux investisseurs, Ixis et Natexis. La première a été rachetée en 2004 par l'Écureuil à la Caisse des dépôts. Ixis regroupait les activités de marché de la CDC, créées à la fin des années 1980. De son côté, Natexis était spécialisé dans le financement des entreprises et avait été rachetée par les Banques Populaires en 1998. À l'origine, Natexis était née de la fusion entre le Crédit National et la Banque Française du Commerce Extérieur (BFCE), en 1996.gouvernance paralyséePour réussir l'introduction en Bourse de Natixis, les deux mutualistes utilisent la force de frappe des 8.140 agences de leurs réseaux pour placer les titres auprès de leurs clients. Le prix d'introduction est fixé à 19,55 euros, un niveau élevé alors que beaucoup d'investisseurs ne croient pas véritablement au modèle. Certains craignent surtout un important risque de conflit entre les deux groupes, un sentiment qui se vérifiera a posteriori. Début 2007, les premiers mois de l'aventure Natixis sont plutôt calmes, même si des dissensions apparaissent entre les « rouges » d'Ixis et les « bleus » de Natexis. Mais très vite, les déboires vont s'accumuler. À l'été, la crise des subprimes éclate aux États-Unis. La banque a directement investi dans des crédits immobiliers américains. Quelques mois plus tard, elle doit vendre en catastrophe son rehausseur de crédit, CIFG, touché par la crise, aux Banques Populaires et aux Caisses d'Épargne qui y injectent 1 milliard d'euros. Le cours de Natixis commence alors sa descente aux enfers.L'année 2008 va être fatale à la banque. Au premier semestre, elle enregistre 2 milliards d'euros de dépréciations d'actifs et une perte nette de près de 1 milliard d'euros. La décision de lancer une restructuration tarde à être prise, à cause des divergences et des querelles permanentes entre les deux actionnaires. La gouvernance de Natixis se trouve paralysée par les enjeux de pouvoir dont son directeur général Dominique Ferrero n'arrive pas à se défaire. En septembre dernier, la banque procède à une augmentation de capital de 3,7 milliards d'euros au prix de seulement 2,25 euros l'action pour renforcer ses fonds propres. Elle joue de malchance, l'opération étant lancée la semaine où Lehman Brothers fait faillite. Mais faute d'avoir réduit la voilure de ses activités de marché, Natixis est touchée de plein fouet par la crise à l'automne. Elle s'est depuis lancée dans une forte restructuration de ses activités de marché accompagnée d'une réduction des effectifs de 10 %. Son cours végète désormais autour de 1 euro.
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