Difficile retour sur le marché des capitaux
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C'est le moment de revenir sur le marché international des capitaux », vient de déclarer le nouveau ministre argentin de l'Économie. Cet accès, perdu après le défaut sur la dette souveraine de fin 2001, est la principale préoccupation d'Amado Boudou. La raison pour laquelle l'Argentine songe à solliciter ce marché est simple : le pays n'a pas d'autre solution. Les fonds de pension ont déjà été nationalisés, la ponction fiscale sur l'agriculture est en baisse (voir ci-dessus), et la fuite des capitaux s'élève à 1 milliard de dollars par mois depuis le début 2008. Autant dire que, sans un recours à des financements extérieurs, l'Argentine aura du mal à faire face à ses prochaines échéances : rembourser 13 milliards de dollars de dette en 2010 et 12 milliards en 2011. Mais Buenos Aires doit d'abord se mettre en règle avec ses créanciers. à savoir : proposer une offre acceptable aux détenteurs de bons (d'une valeur nominale de 20 milliards de dollars), lesquels n'avaient pas souscrit à la restructuration de 2005 ; signer un engagement avec le Club de Paris pour le règlement de la dette avec les créanciers publics (6 milliards de dollars) et, enfin, satisfaire les réclamations des investisseurs ayant accepté l'échange de 2005, mais qui ont choisit des titres dont le rendement est lié à l'évolution de l'inflation. Le FMI diaboliséOr Buenos Aires sous-évaluerait la hausse du coût de la vie depuis mars 2007? Soupçons auxquels le ministre de l'Économie vient de donner corps en proposant un premier échange contre du papier assorti de taux d'intérêt correspondant au niveau d'inflation officieux? Quant aux investisseurs qui ont refusé la restructuration, des négociations en cours portent sur un échange avec une décote légèrement inférieure à celle de 2005. Resterait à abroger une loi de 2005 interdisant d'améliorer à l'avenir l'offre initiale, acceptée par la majorité des investisseurs. Sans oublier le Club de Paris. L'Argentine souhaite rembourser les pays auxquels elle doit de l'argent sur plusieurs années. Ce qui suppose que le Fonds monétaire donne son aval après l'envoi d'une mission sur place. Or le FMI, auprès de qui l'Argentine a soldé sa dette de 10 milliards de dollars en 2006, tient le rôle du diable dans la rhétorique officielle. Buenos Aires rêve d'obtenir le blanc-seing de l'institution ? sans voir débarquer ses représentants? J.-L.B., à Buenos Aire
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