Des Français floués dans l'attente

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Au moment de la révélation du scandale Madoff, on pensait, dans l'Hexagone, que seules les grandes fortunes françaises étaient touchées. Un communiqué de l'AMF (Autorité des marchés financiers) du 18 décembre 2008 estimait à environ 500 millions d'euros l'exposition des produits français ayant investi dans des fonds luxembourgeois ou irlandais « madoffés » et indiquait surtout que « 8 % du risque concerne des OPCVM distribués au grand public », sans donner de définition précise de « grand public ». Le particulier a eu « accès » à Madoff à travers des fonds de droit luxembourgeois et irlandais comme Luxalpha, Thema, Luxinvest, Herald en direct, dans des contrats d'assurance-vie en unités de compte, des mandats de gestion ou encore des fonds de fonds. Dans ce cas, nombreux sont les épargnants qui ne savaient pas ce qu'il y avait dans leurs produits et ont vu une partie, voire la totalité, de leurs économies partir en fumée.Six mois plus tard, qu'en est-il de l'indemnisation des porteurs ? « J'ai bon espoir de revoir mon argent, tente de se rassurer un investisseur français. Mais cela risque de prendre du temps. » Personne n'a jamais été confronté à un « Ponzi » de cette ampleur. Pour épauler les épargnants français dans leur démarche, Christophe Tricaud a créé l'Association de défense des victimes de la fraude Madoff. « Nous revendiquons 32 adhérents ce qui représente 20 millions d'euros », indique Christophe Tricaud qui déclare avoir beaucoup de contacts « mais, au moment de passer à l'acte, ils font marche arrière, ne souhaitant pas révéler leur identité ou attaquer leur intermédiaire ». Quelques établissements ont tout de même pris des initiatives. C'est le cas de Meeschaert qui a racheté pour quelques millions d'euros la totalité des parts au prix de revient de Luxalpha, présent notamment dans le fonds Gestion Court Terme, versant à ses clients 50 % en avril 2009 et le solde en avril 2010. Loin de satisfaire les investisseurs, Allianz a proposé la mise en place d'un « seuil de résistance » plafonnant ainsi le montant à rembourser aux porteurs d'AGF Tresodyn et de WFinance dans lesquels étaient logés Luxalpha et Thema. Rothschild & Cie Gestion a isolé la part « madoffée » dans un fonds. Certains gros investisseurs, n'ayant aucune proposition de la part de leur intermédiaire, ont saisi la justice. RéférésQuelques référés, assignations en France à l'encontre d'établissements de la place (lire ci-contre), mais aussi à Luxembourg contre UBS Luxembourg, UBS AG ou Luxalpha, ont été initiés. Une information judiciaire a même été ouverte à Paris. Quant à l'AMF, elle a lancé des procédures de contrôle à l'encontre d'intermédiaires financiers français sur leur méthode de distribution. Au final, beaucoup d'investisseurs sont en position d'attente car une procédure coûte cher. T. S.

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