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Les OGM influent sur les coûts des autres cultures ttionnels

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Publié le 10 novembre 2008 à 10:00 - Mis à jour le 10 novembre 2008 à 10:00

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La cohabitation entre cultures génétiquement modifiées et cultures traditionnelles ou biologiques induit des surcoûts pénalisants pour les filières non OGM. C'est ce qui ressort d'une enquête réalisée par Julien Millanesi, économiste et chercheur au centre de recherche et d'étude en gestion (CREG) de l'université de Pau (Pyrénnées Atlantique), financée par Greenpeace France et dont La Tribune a eu connaissance. Sans surprise, l'étude apporte de l'eau au moulin de la lutte contre les OGM, un combat porté par Greenpeace depuis longtemps. Elle tend en effet à montrer que le principe pollueur payeur est bafoué dès lors qu'il s'agit des OGM et qu'on aboutit in fine, au système inverse du « pollué-payeur ».Comment une telle inversion est-elle possible ? Parce que la coexistence sur un même territoire de cultures traditionnelles et OGM implique de protéger les premières de toute forme de contamination par les secondes. Ainsi, pour garantir la production d'un maïs non génétiquement modifié (comprenant moins de 0,9 % de plants contaminés, selon la règlementation actuelle), les agriculteurs sont contraints « à un changement de leurs pratiques agricoles », explique Julien Millanesi. Ils doivent par exemple multiplier les contrôles (payants) sur les lots de semence afin de détecter, avant les semis, la présence éventuelle de semences génétiquement modifiées. Ou encore utiliser du matériel spécifique (bennes, moissonneuses, silo) pour chaque catégorie de cultures afin d'éviter le mélange des variétés. Mais aussi parfois planter des barrières anti-polliniques entre les champs de façon à contenir la pollinisation sauvage, etc. Autant de changements qui ont un coût, chiffré par l'étude entre 5 et 37 euros par tonne de maïs non OGM. Bref, produire sans OGM est certes un choix, mais qui implique dès le départ des dépenses supplémentaires. récolte contaminéeLe risque ne s'arrête pas à la phase culture. Si, en dépit des précautions prises, la récolte sans OGM se trouve être « contaminée », c'est-à-dire lorsque la proportion de maïs OGM dépasse le seuil légal de 0,9 %, l'agriculteur perd son label « sans OGM ». Sa production est alors immédiatement déclassée et son préjudice économique correspond à la différence de prix entre les diverses catégories de maïs soit, in fine une somme « d'environ 130 euros par tonne », estime l'étude.Actuellement, aucune culture OGM n'est autorisée en France. Le gouvernement a obtenu de l'Europe la mise en oeuvre de la « clause de sauvegarde », règle qui l'autorise à geler toutes les ventes de semis OGM en France pendant l'année 2008. L'étude n'en est pas caduque pour autant. Les surfaces d'OGM cultivées en France ont connu une croissance extrêmement rapide avant l'application de la clause : 500 hectares en 2005, 5.000 ha en 2006, 22.000 ha en 2007... et la clause sera tôt ou tard levée. Rémy Janin500 haen 2005, 5.000 ha en 2006, 22.000 ha en 2007. Les surfaces d'OGM cultivées en France ont connu une croissance extrêmement rapide avant l'application de la clause.

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