« Les acquéreurs attendent des baisses dans un futur proche »

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Quelle est la mission du Crédit Immobilier de France ?Notre positionnement historique est d'être au service des accédants à la propriété. Nous disposons d'un savoir-faire envers la population modeste, puisque près d'un tiers de nos emprunteurs bénéficient de prêts à taux zéro et d'aides des collectivités locales.Le logement social est-il préservé dans un marché sinistré ?La demande de logements est très importante, puisqu'on estime qu'il y a aujourd'hui près de 1,2 million de ménages en attente d'un logement social, avec des réalités très différentes selon les régions, puisque l'Ile-de-France et la région Paca (Provence-Alpes-Côte d'Azur) concentrent une très large part de cette demande. Tous ces gens ne sont pas à la rue, la moitié des demandeurs de logement social est déjà logée dans le parc et souhaite changer d'appartement. En face, l'offre est largement insuffisante car les terrains constructibles se font de plus en plus rares, et la concurrence des promoteurs privés, exacerbée ces dernières années, n'a fait qu'accroître le problème. Enfin, il devient de plus en plus difficile pour les organismes de logements sociaux de monter des opérations. Aujourd'hui, compte tenu notamment des coûts du foncier et des nouvelles normes techniques imposées dans la construction, les organismes ont besoin d'injecter davantage de fonds et cet exercice a naturellement des limites.Quelle lecture faites-vous de la crise actuelle de l'immobilier ?Il ne faut pas perdre de vue que la crise de l'immobilier que nous traversons n'est pas uniquement due à la crise financière. Sa genèse est à chercher dans la « décorrélation » très nette entre le revenu moyen des ménages et les prix de l'immobilier. Depuis 2004-2005, nous assistons à une « désolvabilisation » d'une frange de plus en plus large d'acquéreurs potentiels à cause de la hausse des prix de la pierre et de celle des taux d'intérêt. Ensuite, cette crise a été amplifiée par certains compartiments du marché. La construction neuve de logements collectifs était destinée à 65 % ou 70 % à des investisseurs, or il y a aujourd'hui une très large diminution de l'investissement locatif, ce qui pèse sur ce marché. Plus généralement, les acquéreurs ont désormais intégré que les prix n'augmenteront plus, et attendent des baisses dans un futur proche. Ils ne sont donc plus aussi prêts à faire des sacrifices pour un bien dont la valeur risque de diminuer. Enfin, les crédits immobiliers ont été vendus très peu cher pendant de nombreuses années, car ils étaient souvent considérés comme un produit d'appel par les banques. La crise financière a rendu le refinancement des banques difficile et coûteux et l'offre de crédits immobiliers s'est durcie. Aujourd'hui la longueur de la crise de l'immobilier dépendra du temps que mettront les prix à s'ajuster, s'ils baissent rapidement, le marché repartira. Sinon cette crise pourrait être durable.

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