Berthold superstar

Peu connu hors des frontières allemandes, le président du syndicat allemand de la métallurgie est bien parti pour accéder au rang de figure de proue du mouvement de revendications salariales qui prend de l'ampleur en Europe. Le nouveau héros se nomme Berthold Huber. Il a enrôlé toute l'Allemagne du travail sous sa bannière avec un mot d'ordre mobilisateur, faire de 2008 " une méga-année salariale ". Message reçu 5 sur 5 par les syndicats de branche qui ont tous présenté des exigences fortement réévaluées. Tous secteurs confondus, les majorations de salaires réclamées vont de 8 à 12 %. Et " super Berthold " vient de remporter une éclatante victoire en arrachant au patronat de la sidérurgie allemande une augmentation des salaires sans précédent depuis quinze ans. Un exploit qui ne va pas manquer de faire des envieux chez les autres organisations syndicales outre-Rhin, mais aussi dans le reste de l'Europe. Les salariés sauront-ils faire la part des choses et reconnaître que le geste en faveur des sidérurgistes allemands est exceptionnel - le secteur de l'acier est en plein boom - et qu'il n'a pas vocation à se généraliser ? Rien n'est moins sûr. Et le patron des patrons allemands avait beau rejeter d'emblée hier toute valeur d'exemplarité au succès enregistré par l'IG Metall, il risque de prêcher dans le désert. Car, sous la menace de grèves et après des années de disette salariale, le patronat de la sidérurgie a lâché du lest mais a, du même coup et à son corps défendant, établi une norme vouée à servir d'étalon en Allemagne et dans les pays voisins. En France en particulier, où les augmentations proposées font plutôt pâle figure, l'exemple allemand ne devrait pas manquer de ranimer la flamme revendicative. Même si comparaison n'est pas raison, les cheminots français, à qui la SNCF propose 1,4 % d'augmentation, vont regarder avec concupiscence les 11 % obtenus ces derniers jours par les conducteurs de locomotive de la Deutsche Bahn, il est vrai beaucoup plus profitable. Les fonctionnaires qui se voient offrir un modeste 0,8 % observent avec envie leurs homologues d'outre-Rhin revendiquer 8 % de salaire supplémentaire et bien peu s'arrêteront sur la différence de situation des finances publiques respectives qui peut justifier ce large écart. De la leçon de Berthold et de son syndicat, beaucoup ne risque de retenir qu'une chose, plus on réclame, plus on obtient.

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