Faire d'un mal un bien

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Et si le pétrole cher avait des vertus ? Airbus et Boeing veulent le croire. Côté chiffres, pour l'instant, ils ont des raisons de le penser. Car, pour eux, tout ne va pas si mal. Avec, à fin juin, 487 commandes pour l'européen et 475 pour l'américain, les deux grands constructeurs aéronautiques mondiaux s'acheminent vers un très honorable millésime. Les annonces faites hier au London Air Show de Farnborough ne peuvent que les conforter dans cette idée. En une journée, Airbus a engrangé pour 13 milliards de dollars de commandes et Boeing a annoncé la vente de 54 B737 à la compagnie Fly Dubai. Mais de là à parler d'euphorie, il y a un pas que les deux géants se gardent bien de franchir. Parce que leurs clients volent, eux, en zones de turbulences. Les compagnies aériennes sont prises en tenaille entre l'envolée du prix du kérosène, qui alourdit leurs charges, et des consommateurs désargentés, assommés par des hausses de taxe carburant à répétition. Hausse des coûts, baisse des revenus, l'effet de ciseau est redoutable. Selon l'Iata, l'organisation internationale du transport aérien, 25 des 800 compagnies aériennes sillonnant la planète ont fait faillite depuis janvier. Les autres sont donc contraintes de prendre des mesures. Si les annulations de commandes, semble-t-il, restent rares, certains transporteurs, américains notamment, ont commencé à demander à leurs fournisseurs d'étaler dans le temps leurs livraisons. Le signal est inquiétant. Mais Airbus et Boeing se projettent au-delà de ces turbulences immédiates. Ils fondent leur optimisme à moyen terme sur un pari. Celui que la hausse du prix du pétrole, une fois le choc absorbé, contraindra les compagnies aériennes à accélérer les mises à la retraite de leurs appareils les plus anciens, pour les remplacer par de nouveaux, moins gourmands en carburant. Une contrainte dont Jim McNerney, le patron de Boeing, disait ce week-end attendre une accélération des commandes pour les modèles les plus récents. Et, pour ce faire, il se disait même prêt à aider ses compagnies clientes les plus fragiles à financer leurs achats, via sa filiale spécialisée. On voit l'avantage : surmonter des difficultés passagères. On voit l'inconvénient : cela ne peut rester qu'exceptionnel. Car on sait d'expérience que financer ses clients, ne peut avoir qu'un temps...

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