« Il faut intégrer la dimension du mieux-disant social »

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« La Tribune ». - Comment pensez-vous organiser le pôle BTP ? Jean-Marie Messier. - C'est un secteur dans lequel l'utilisation de plusieurs marques, qui ont souvent une composante régionale forte, est nécessaire. Nous essayons prioritairement d'améliorer l'offre commerciale sur le terrain, le cas échéant en favorisant l'évolution du nombre de nos structures. CBC n'aura plus en fin d'année que douze centres opérationnels en France, contre vingt-trois il y a un an. Ma réponse n'est pas doctrinaire mais opérationnelle. Plusieurs cas de figure sont possibles sur le terrain, entre fusion locale, coordination commerciale entre deux sociétés, regroupement entre une filiale d'un métier du groupe et une autre filiale. Il n'y aura pas de grande fusion ni de mesures autoritaires ou globales. Ne l'avez-vous pourtant pas fait dans l'immobilier ? La situation est différente. L'immobilier traverse depuis cinq ans une crise extrêmement profonde sur des marchés en contraction continue. Les filiales ont été regroupées mais le but était de changer leur culture. L'intégration des équipes est achevée. L'activité promotion a progressé de 14 % sur le premier semestre 1996. Nous espérons, dans cette activité, retrouver l'équilibre en 1997. Mais la crise de l'immobilier n'est pas terminée. Les difficultés sur les grandes opérations d'aménagement sont toujours en partie devant nous. Le marché du logement ne s'améliore-t-il pas ? Certes, mais les prix continuent de baisser. C'est le signe d'un marché qui n'a pas encore retrouvé une pleine vitalité. Côté bureaux, le fait que nous ayons vendu trois tours de La Défense à Philip Morris est la preuve que, sur des biens de qualité dans un environnement de taux devenu plus raisonnables, nous sommes capables de recréer un début d'intérêt des investisseurs étrangers. Mais ce marché reste extrêmement sélectif. Les taux bas ne permettront jamais de céder des actifs inadaptés. Comment analysez-vous les répercussions sur le BTP ? La conjoncture s'est dégradée très nettement, et encore plus depuis le début de l'année. Au premier semestre 1996 en France, le chiffre d'affaire des filiales BTP a baissé de plus de 5 %. Ces marchés sont caractérisés par une vraie déflation, c'est-à-dire par une baisse des volumes et des prix. Il est d'ailleurs intéressant de constater que, si les pouvoirs publics sont opposés à la vente à perte quand il s'agit de la grande distribution, ils ne sont plus aussi regardants lorsqu'ils en profitent directement dans le cadre des marchés publics ! Il faut trouver un moyen d'éliminer les prix anormalement bas et intégrer la dimension du mieux-disant grâce à la réforme des marchés publics, qui est devenue un impératif. Peu importe la méthode retenue pourvu qu'elle existe. Je souhaite insister sur la notion de mieux-disant social, qui existe vaguement dans les textes mais pas dans les faits. Car les métiers de services aux collectivités ou du BTP ont la parti- cularité de pouvoir générer des emplois de proximité non délocalisables. Vos filiales entrent pourtant dans le jeu du moins-disant, comme les autres... Aujourd'hui, il y a des marchés dans lesquels nous refusons clairement d'aller.

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