La suppression de 272 postes au siège remise en cause

À peine connu l'accord sur Vilvorde, Renault se voyait imposer hier, par décision du tribunal de Nanterre, une nouvelle consultation du comité d'établissement du siège social sur le plan social 1997 concernant Boulogne-Billancourt. Le constructeur devra donc reconvoquer cette instance pour mettre en oeuvre son plan de suppression de 272 postes, dont la majeure partie sera traitée à travers des mesures d'âge et qui ne concernera finalement que 59 personnes n plus des 92 reclassements internes. La CGT avait remis en cause les plans sociaux 1996 et 1997 relatifs au siège de Boulogne-Billancourt. Le syndicat a toutefois été débouté de toute contestation sur le plan de l'an dernier, qui prévoyait la suppression de 197 postes et 150 reconversions internes. Après les péripéties politico-juridiques sur l'usine belge, Renault se retrouve une fois encore sur le devant de la scène sociale. Le groupe devrait procéder au total à 2.764 suppressions de postes en France. Au sein du groupe PSA, Peugeot a annoncé le 2 juin dernier un plan social concernant 2.816 personnes en 1997 dans l'Hexagone. Citroën compte réduire ses effectifs de 800 salariés. Main-d'oeuvre. Ces plans sont destinés, bien évidemment, à réduire les effectifs mais aussi à abaisser une moyenne d'âge très élevée (autour de 45 ans chez Renault, 44 ans chez Citroën, 43 chez Peugeot) en permettant l'embauche de jeunes de oins de 30 ans. PSA en a ainsi embauché 3.700 en 1995 et 3.000 l'an dernier. Les constructeurs français ne sont pas les seuls confrontés à ce vieillissement. L'âge moyen atteint 43 ans chez Fiat et 39 sur le site Volkswagen de Wolfsburg, contre 30 ans pour les usines « transplants » des Japonais en Grande-Bretagne. Or une main-d'oeuvre âgée coûte plus cher, se révèle moins performante en usine et pâtit d'un niveau de formation inférieur. Jacques Calvet, patron de PSA, et Louis Schweitzer, son homologue de Rnault, avaient demandé, il y un an, un plan automobile pour supprimer 40.000 emplois sous forme de départs en retraite anticipée sur dix ans, compensés partiellement par 14.000 embauches de jeunes. Le gouvernement Juppé a répondu non en février dernier. Les plans sociaux ne sont nullement gratuits pour les constructeurs, même si l'Etat prend généralement à sa charge 80 % des allocations de préretraites au titre du FNE. « L'industrie automobile est un des plus gros contributeurs de cotisations sociales en France », souligne toutefois un expert en réponse à ceux qui accusent les constructeurs de faire financer une partie de leurs restructurations par le contribuable. Renault a provisionné 2,8 milliards pour la fermeture de Vilvorde. Le montant final pourrait être supérieur. PSA a dépensé 249 millions en 1995 et 318 millions en 1996 en « frais de rationalisation » liés principalement aux allégements d'effectifs (1.700 départs environ l'an dernier en France). Le nombre de départs cette année pourrait être sensiblement doublé. On peut donc a priori en évaluer le coût à plus d'un demi-milliard. Alain-Gabriel Verdevoye

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