Lord Weinstock va quitter GEC avec les honneurs

Restée longtemps incertaine, la date définitive de l'un des plus importants passages de témoin de l'industrie britannique est désormais connue. Le 9 septembre, lord Weinstock abandonnera le gouvernail de GEC, qu'il tient d'une main ferme depuis trente-trois ans, pour le transmettre à l'actuel patron de l'équipementier automobile et aéronautique Lucas, George Simpson. Lord Weinstock a ajouté à la confirmation de son départ une salve de bonnes nouvelles à l'occasion de la publication des comptes 1995 du groupe d'électronique et de défense, clôturés fin mars. Les chiffres font en effet apparaître une progression de 10 % du résultat avant impôts, à 981 millions de livres (environ 7,8 milliards de francs), nettement supérieure à celle enregistrée entre 1994 et 1995 (2,9 %), et au-dessus des prévisions les plus optimistes des analystes. En dépit de l'acquisition du chantier naval VSEL, la trésorerie du groupe est restée confortable, à 2,6 milliards de livres, contre 2,9 milliards l'année précédente. Surtout, les carnets de commandes ont gonflé de 11 %, à 14,2 milliards de livres. De quoi afficher une belle confiance dans l'avenir, qui se traduit par une hausse du dividende de 10 %. Les marchés ont apprécié, poussant le titre de 4 % au Stock Exchange, à 363 pence hier en fin de séance. Les trois divisions principaux artisans de cette performance sont les systèmes électroniques, les générateurs et les télécommunications. Avec un résultat de 291 millions de livres, en progression de 42 % sur 1994, la première bénéficie pour la première fois de la contribution de VSEL, acquis notamment en raison de sa rentabilité. Soutenue par les bons résultats de GEC Alsthom, les profits de la division générateurs (power systems) ont progressé de 13 %, à 177 millions de livres. Enfin, les télécoms ont contribué au résultat global à hauteur de 158 millions de livres (+ 6,8 %), les performances des autres divisions (biens de consommation, matériel médical) étant beaucoup moins significatives. Les dirigeants de GEC sont restés très discrets hier sur les projets stratégiques du groupe, notamment en matière d'acquisitions ou d'alliances. Quid du dossier de la privatisation en 1996 du français Thomson avec lequel GEC compte de nombreux accords ? Difficile de dire également si George Simpson conservera la rapidité manoeuvrière etl'agressivité qui étaient la marque de son prédécesseur sur le terrain de la croissance externe. Mais les analystes sont optimistes pour l'exercice en cours ; James Heal, chez Hoare Govett, prévoyant un résultat supérieur au milliard de livres en 1996. Michel Roland, à Londres

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