Les occidentaux lorgnent l'aéronautique russe

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L'industrie aéronautique russe ne peut se développer sans approfondir la coopération avec les industries étrangères, et pas simplement au niveau de fournisseurs mineurs, mais comme un véritable partenaire partageant les risques", déclarait le premier ministre Viktor Khristenko en préambule du 20e salon aéronautique de Moscou, le MAKS, qui ouvre ses portes aujourd'hui.En pleine résurrection. Alors que le gouvernement travaille à intégrer les principaux acteurs civils et militaires (Mig, Sukhoi, Tupolev, Iliouchine et Irkut) dans une structure commune baptisée "Constructeurs d'avions unifiés", l'industrie aéronautique russe en pleine résurrection attire les géants occidentaux du secteur. Ces derniers n'hésitent pas à s'associer aux projets locaux.L'un des contrats les plus attendus lors du salon est celui que le géant européen de l'aéronautique et de la défense, EADS, maison mère d'Airbus doit signer pour entrer à hauteur de 10 % dans le capital du russe Irkut. Lequel fournit des pièces pour les Airbus A320.Le russe Soukhoï pourrait également annoncer la vente d'une part minoritaire de son projet d'avion régional (RRJ) à l'italien Finmeccanica. Le RRJ, dont le premier vol est prévu en 2007, est de loin celui qui mobilise le plus l'attention du secteur. Si Boeing est consultant du projet, les entreprises françaises y sont également très présentes. Thales fournira l'avionique tandis que Snecma, en partenariat avec le russe NPO Saturn, a investi 600 millions de dollars pour la fabrication des moteurs.Alors que Sukhoi vise 200 commandes fermes d'ici à la fin de l'année, des dirigeants de Snecma indiquaient en juin dernier que la compagnie nationale Aeroflot allait commander 50 RRJ au plus tard au salon de Moscou. Or, la compagnie hésite aussi avec l'Antonov 148. Ce projet russo-ukrainien, mené en seulement quatre ans, constitue l'un des rares points de convergence entre les deux pays. Le président russe, Vladimir Poutine, a même qualifié l'Antonov 148 de "très bon avion" dont la réalisation possède "une signification stratégique pour nos deux pays". Le constructeur espère produire au total 480 appareils destinés à être commercialisés en CEI (Communauté des États indépendants). L'appareil a effectué une centaine de vols-tests. D'un prix catalogue de 18 millions de dollars, il a déjà reçu 15 commandes fermes (pour livraison à partir de la mi-2006). Quatre autres compagnies se disent intéressées. Le patron d'Iliouchine Finance, Alexandre Roubtsov, glisse qu'un contrat de 20 commandes devrait être signé lors du salon.Outre l'Antonov 148, le Mi-38 fera aussi ses premières démonstrations en vol à l'occasion d'un salon international. Cet hélicoptère de transport de gabarit moyen, qui doit remplacer le célèbre Mi-8, était déjà attendu avec une certaine lassitude lors de la précédente édition du salon de Moscou en 2003. Mais son constructeur, MVZ, n'était toujours pas prêt, ce qui a provoqué le départ d'Eurocopter du projet. Le Mi-38 ne sortira en série qu'en 2008 avec un moteur Pratt & Whittney.Emmanuel Grynszpan, à MoscouAvions d'affaires : Dassault vise le marché chinoisDans un entretien au quotidien China Daily, le président de Dassault Falcon Jet, Jean Rosanvallon, a annoncé viser la mainmise sur 50 % du marché chinois de l'aviation d'affaires dans les dix prochaines années. "Les Français enverront une délégation le mois prochain ou en octobre afin de discuter avec les homologues chinois", a-t-il précisé. Leur objectif : obtenir le droit aux Falcon 50, 900 et 2000 d'opérer en Chine... 300 jets d'affaires devraient, selon lui, y être vendus d'ici à 2015. Au niveau mondial, celui-ci espère dans le même temps faire progresser la flotte de Falcon en activité de 1.600 à 3.000 appareils.Tristan de Bourbon, à Pék

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