La carte cadeau, version marketing des étrennes d'antan

Il y a dix ans encore, les comités d'entreprise organisaient des arbres de Noël pour offrir des petites voitures et des poupées. Aujourd'hui, l'arbre est resté. Mais ils ne distribuent plus que des chèques cadeaux ", observe Pierre-Frédéric Merle, directeur général de Cadhoc, premier émetteur de chèques cadeaux en France. De la Fnac aux grands magasins, les distributeurs ont retenu la leçon. Les cartes cadeaux qu'ils sont de plus en plus nombreux à proposer - des cartes prépayées, à valoir dans une ou plusieurs enseignes - rencontrent un succès grandissant. Les Galeries Lafayette en ont écoulé 150.000 cette année.Cet engouement fait les affaires d'un émetteur de cartes comme Kadéos, repris par Accor au groupe PPR. " Nous devrions passer le cap des 2 millions de cartes Kadéos vendues en 2007 ", estime Sylvie Robin-Romet, directrice générale du pôle Accentiv-Kadéos. Un produit très marqué " fêtes " puisqu'il réalise environ 35 % de ses ventes sur le seul mois de décembre.Désormais personnalisée d'une photographie, en version collector ou thématique, la carte est considérée comme une solution cadeau ingénieuse, surtout à l'heure où les Français ressentent une érosion de leur pouvoir d'achat. Elle comble ceux qui rêvent de recevoir de l'argent, premier cadeau espéré selon l'étude sur les cadeaux de Noël réalisée par le cabinet Deloitte. Et elle satisfait aussi ceux qui ont des scrupules à glisser sous le sapin une petite enveloppe remplie de billets, cadeau impersonnel s'il en est. En outre, ce petit carré plastifié s'avère bien pratique pour " faire un cadeau sans se tromper " aux adolescents toujours difficiles à satisfaire. À tel point que les banques s'y mettent. Depuis 2005, Carte Bleue vend ce concept de carte prépayée chez LCL, la Banque Postale, CIC, BNP-Paribas et Banque Populaire. " En 2007, notre objectif est de passer le cap des 100.000 cartes ", indique Emmanuel Robert, directeur marketing de Carte Bleue. Avec pour coeur de cible les jeunes, que les banques espèrent ainsi recruter comme nouveaux clients.LES FRANCAIS ADEPTES DE L'ACHAT MALINLes enseignes y trouvent, elles aussi, leur compte. Ces cartes vendues à montant fixe ou variable (il est alors défini par l'offreur) leur assurent une entrée de trésorerie, sans déstocker la marchandise. Et elles alimentent leur stratégie marketing pour toucher et fidéliser des clients. Le système peut aussi être source de chiffre d'affaires additionnel : pour s'offrir l'objet rêvé, le destinataire d'une carte cadeau se laisse volontiers aller à dépenser un peu plus que la valeur nominale de sa carte. " Noël, ce n'est pas seulement le 25 décembre. Avec la carte cadeau, les ventes de fin d'année s'étirent au-delà de cette date ", ajoute Fabien Mulliez, porte-parole de Décathlon. Les Français, adeptes de l'achat malin à moindre coût, seront nombreux à utiliser leur carte à partir du 9 janvier, date de démarrage des soldes.

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