La CMA-CGM poursuit son offensive terrestre

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Jacques Saadé voit toujours plus grand. Alors que son groupe, la CMA-CGM, termine l'année avec un chiffre d'affaires en hausse de 38 %, à 11,6 milliards de dollars, le président du troisième armateur imagine déjà l'expansion suivante. Pour faire face aux sous-capacités portuaires, de plus en plus gênantes au fur et à mesure que le trafic s'accroît, il souhaite intensifier sa stratégie de prises de participations dans les terminaux à conteneurs. " Un bateau arrêté coûte très cher , expliquele président de la CMA-CGM. Nous sécurisons nos trafics endevenant concessionnaires des terminaux où nous débarquons nos marchandises. "La CMA-CGM a ainsi annoncé lundi un investissement de 113 millions d'euros à Malte, pour augmenter de 50 % la capacité d'un terminal qu'elle contrôle à 100 %. À partir de 2008, le groupe entrera dans le capital d'une dizaine de terminaux par an, ce qui représente 1,5 milliard de dollars d'investissement pour 2008. " Singapour va nous coûter 450 millions de dollars. Nous allons avoir un port au Vietnam, noustravaillons sur trois ou quatreprojets en Inde..., et d'autres un peupartout dans le monde ", poursuit Jacques Saadé.PROJETS AUX PHILIPPINESET A MARSEILLEL'armateur entend également assurer lui-même l'entretien de ses porte-conteneurs en créant deux chantiers de réparation navale. " Nous discutons d'un projet aux Philippines et nous sommes candidats pour exploiter la forme 10 [bassins de radoub] à Marseille ", précise-t-il. Cette forme, la plus grande du bassin méditerranéen, peut accueillir les porte-conteneurs allant jusqu'à 13.000 " boîtes ", actuellement en construction en Corée. Jacques Saadé entend mixer cette activité avec la réparation et l'hivernage de grands yachts. Il prévoit même la construction d'un hôtel quatre étoiles de luxe pour héberger les armateurs.Autant d'investissements à terre qui mobilisent énormément de capitaux, plus longs à amortir que l'achat de navires. La CMA-CGM cherche donc de nouvelles sources de financement. L'armateur va tenter en juin d'introduire à la Bourse de New York une filiale regroupant 16 de ses navires. Jacques Saadé soigne également ses relations avec ses banquiers. " Nous allons participer à l'augmentation de capital que la Société Générale prépare. Nous travaillons beaucoup avec eux et nous sommes prêts à les aider. "Le rail aussi l'intéresseJacques Saadé ne cache pas sa volonté de devenir un grand opérateur ferroviaire. Y compris en France : " Je suis prêt à racheter Fret SNCF. Cette activité devrait être mise à la vente car elle perd beaucoup d'argent ", déclare-t-il. Il est sûr qu'il saurait faire. " Nous le faisons en Europe, demain en Inde et en Algérie. Nous rencontrons plus de difficultés en Chine et au Maroc. Nous allons reprendre un projet entre la Chine et la Russie. "

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