Nouveau tour de vis de STMicroelectronics sur ses effectifs européens

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Confronté depuis plusieurs mois à une pression permanente sur ses marges, le deuxième fabricant européen de semi-conducteurs a dévoilé hier de nouvelles mesures de réduction de coûts. A l'occasion de sa traditionnelle réunion avec la communauté financière, organisée cette année à New York, STMicroelectronics est donc allé au-delà des mesures annoncées en début d'année lors de la présentation des résultats 2004."En raison de la dévalorisation persistante du dollar par rapport à l'euro et aux autres monnaies et d'une surcapacité de production pour certaines familles de produits, principalement les composants mémoires flash, notre taux de retour sur capitaux employés n'est pas satisfaisant", a expliqué, devant plusieurs dizaines d'analystes financiers et d'investisseurs, Carlo Bozotti, le nouveau président. "Ce problème doit être résolu et l'ensemble du management va s'y employer avec force et détermination", a-t-il martelé.Transferts.Les nouvelles mesures dévoilées hier comprennent un volet social. Sur les 50.000 employés de STMicroelectronics à travers le monde, 1.850 situés en Europe, en Amérique du Nord, en Inde ou en Afrique du Nord sont concernés. 550 postes seront supprimés. Les autres seront transférés vers d'autres sites de production, notamment en Asie. Un exemple : 1.000 ingénieurs, soit 10 % des effectifs de recherche et développement (R&D) du groupe, seront affectés vers des programmes de R&D concernant des produits à plus forte valeur ajoutée.Une fois ce nouveau plan achevé, soit à la mi-2006, et en ajoutant les mesures sociales de ces derniers mois, notamment la fermeture de l'usine de Rennes ou de l'usine italienne de modems, STMicroelectronics aura supprimé en moins de deux ans 3.000 emplois en Europe. Tout en créant 1.500 postes dans des régions à plus faibles coûts de production. Cependant le syndicat CGC du Rousset (Bouches-du-Rhône) où STMicroelectronics possède une importante usine, craint que la France perde, pour sa part, 900 emplois et se déclare inquiet pour l'avenir du site de Rousset où sont employés environ 3.000 personnes. Le plan comprend également un volet industriel, avec l'accélération du transfert vers Singapour des usines de fabrication 6 pouces. Objectif : diminuer la présence du groupe en Europe, alors qu'aujourd'hui 60 % de ses coûts de production sont exprimés en euros et 80 % de ses ventes encore facturées en dollars.L'ensemble des mesures annoncées hier doit permettre d'économiser 90 millions de dollars par an une fois le programme achevé. Les charges de restructuration associées se montent entre 100 et 130 millions de dollars et devraient être inscrites progressivement dans les comptes. La direction de STMicroelectronics n'a pas donné d'objectif chiffré en matière de taux de marge. Mais, à moyen terme, l'ambition du groupe est de faire remonter le taux de marge vers les 40 %. La marche est importante. Au premier trimestre, il n'était que de 32,9 %, et devrait au mieux atteindre 34,5 % au deuxième trimestre.Olivier Pinaud, à New York

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