Un port menacé d'asphyxie lente

Bien plus que d'autres métropoles régionales, Le Havre a de la chance : l'État y a fortement investi pour en faire le grand port de cette façade maritime de l'Hexagone. Une aubaine pour cette agglomération de 280.000 habitants. Derrière cette décision, ce sont en effet des milliers d'emplois qui pourraient se créer dans les quinze ou vingt prochaines années. Le conditionnel reste cependant de mise. Car, comme trop souvent, l'État n'est pas allé jusqu'au bout de ses choix stratégiques. Comme prévu, l'économie mondiale est en plein essor, tirée notamment par l'Asie. Comme prévu, l'essentiel des échanges commerciaux se fait par voie maritime et les marchandises voyagent dans des " boîtes ". Et, comme prévu, Le Havre est devenu le 1er port français pour le trafic des conteneurs : plus de 2,64 millions de " boîtes " en 2007, soit plus de 60 % des conteneurs manutentionnés dans les ports français. Un trafic qui va tripler d'ici à 2015. Super ! Oui, mais où sont les infrastructures qui permettront à ces marchandises de repartir vers les grandes zones industrielles, et notamment la grande Région parisienne, dont Le Havre est, ou devra être, le port naturel ? Les autoroutes menacent d'asphyxie, la voie fluviale semble limitée, tandis que le fret ferroviaire paraît manquer à la fois d'ambition et d'infrastructures nécessaires pour faire face à cet enjeu majeur du commerce extérieur. Faute d'une prise de conscience rapide de l'État, le port du Havre pourrait bien finir par couler.

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