Création d'un vaste temple du luxe à Sao Paulo

Depuis une vingtaine d'années, à la tête d'une importante affaire familiale, Eliane Tranchesi recevait l'élite brésilienne dans un pâté de maisons de Sao Paulo qui hébergeait 80 griffes. Pittoresque, familiale par son ambiance, Daslu choyait cette clientèle exigeante à partir d'un fichier de 10.000 noms, dont 70 % de femmes. Mais Eliane Tranchesi et ses trois associés ont osé rompre la routine. Ils ont loué un superbe immeuble de style néoclassique dans un quartier d'affaires, Vila Olimpia, hérissé d'immeubles futuristes. L'inauguration, en grande pompe, de la Villa Daslu, dédiée aux plus grandes griffes mondial de luxe, est prévue pour le 20 mai.La surface allouée aux ventes va tripler à 20.000 m2 sur trois étages. Certains chiffres donnent le vertige : le bail signé entre Daslu et les propriétaires des nouveaux murs s'élève à 400.000 euros par mois. Le loyer par mètre carré pour les 120 boutiques oscille entre 54 et 151 euros mensuels.Les plus grandes griffes ont répondu massivement oui à l'appel, à commencer par Louis Vuitton avec sa plus vaste boutique d'Amérique latine : 400 m2, selon le consultant Carlos Ferreirinha, ex-président de cette marque au Brésil. Autre joyau du temple : Chanel, dont ce sera l'unique point de vente dans toute l'Amérique du Sud.Potentiel de croissance. La métamorphose de Daslu reflète l'évolution depuis dix ans du marché du luxe au Brésil. Pour Claudine Nectoux, directrice de la boutique Cartier à Sao Paulo, "les consommateurs susceptibles d'acquérir des articles de luxe correspondent à 4 % de la population". Sachant que le Brésil comprend 180 millions de personnes, cela fait 7 millions de clients potentiels. Une estimation contestée, certains préférant évoquer le chiffre d'un million de Brésiliens très riches.Quoi qu'il en soit, pour les professionnels, le potentiel de croissance du luxe au Brésil est important. Selon le consultant spécialisé Carlos Ferreirinha, "le ticket d'achat moyen se situe à moins de 1.000 euros. C'est encore faible quand on sait que la moindre montre Cartier coûte 1.500 euros". Il fait valoir que depuis le début de la décennie le marché du luxe a progressé chaque année de 30 % à 35 %. Et pour 2005, il s'attend même à un bond de 40 %."Nos clients ont perçu que le luxe est synonyme de qualité, de rêve et de statut social", témoigne Claudine Nectoux. Avec toutefois un risque de coup de frein au moindre refroidissement de l'économie. "Et quelle que soit la conjoncture, la grande majorité de nos acheteurs optent pour le règlement en plusieurs fois", poursuit-on chez Cartier.Yann Le Houelleur, à Sao PauloFrénésie de nouveautésTous les professionnels du luxe s'accordent à dire que "la clientèle brésilienne est à l'affût des dernières nouveautés". "En matière de lancements, nous sommes en harmonie avec les autres grands marchés mondiaux", souligne Bruno Duchêne, représentant de Baume & Mercier. "Nos services marketing travaillent dur, renchérit Claudine Nectoux, à Sao Paulo. Notre boutique fait partie du circuit des 40 points de vente phares de Cartier où les nouvelles collections sont présentées en avant-première."

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