Fermeture surprise de Moulinex à Mamers et Argentan

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«Quand je suis arrivé, peu après midi, tout le monde était déjà parti. Seule une dame pleurait dans un coin. Tout s'est passé avec une incroyable rapidité.» Thierry Chauvel, le correspondant du quotidien Ouest-France à Mamers (Sarthe), n'a pas pu assister à l'épilogue d'une crise qui se déroule depuis plus d'un an dans sa propre localité, pris de vitesse par la décision du groupe. C'est avec la plus grande discrétion que s'est terminée hier en fin de matinée l'affaire Moulinex dans ces deux usines qui ne devaient fermer leurs portes qu'à la fin de la semaine, Mamers et Argentan (Orne). La décision avait été prise en secret par les dirigeants du groupe pour, semble-t-il, éviter toute théâtralisation de la fermeture. Elle a été annoncée hier matin au cours de deux comités d'entreprise extraordinaires simultanés, avant d'être confirmée peu avant midi par des haut-parleurs qui ont clamé «l'arrêt total et immédiat de la production». Cette décision subite, présentée sous forme de «semaine de congés supplémentaire», a été accueillie de façon contrastée par les 250 derniers salariés de l'usine de Mamers. Mais qu'il s'agisse de colère, de dépit ou de soulagement, les réactions se sont révélées mesurées. L'affaire était de toute façon entendue et seuls trois cas sur les 411 salariés que Mamers comptait en juin 1996 n'ont pas été résolus. Tous les autres employés ont accepté l'une des solutions proposée par l'entreprise. L'option la plus prisée -choisie par 150 personnes- a été le départ volontaire, assorti d'une prime qui atteint en moyenne 180.000 francs, tout confondu. Une autre partie des salariés a préféré une mutation au sein du groupe, que ce soit dans les usines environnantes. Voire à l'étranger: trois employés ont en effet accepté de suivre la chaîne Moteurs jusqu'en Irlande. Les derniers sont restés au pays, acceptant un emploi dans les unités de production qui s'implantent progressivement à Mamers dans le cadre de la réindustrialisaton du site, la «réindus» comme on dit ici. Certains ont opté pour Pulse Line, une PME installée dans les locaux de leur ancienne usine, d'autres pour Plastivaloire, un transformateur de plastiques qui s'apprête à récupérer les presses de Moulinex, les derniers pour Rey Emballages, qui construit actuellement une unité sur la zone industrielle de Mamers. Mais si peu de salariés contestent le sérieux du plan social, nombreux sont ceux qui ne cachent pas leur amertume et leur tristesse. «Lors du dernier conseil municipal, explique Thierry Chauvel, un conseiller s'est levé pour s'étonner du fait que la fermeture n'ait pas été évoquée et s'est rassis en larme. Personne n'a osé faire le moindre commentaire.» PHILIPPE DOSSAL

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