Moral au beau fixe sur les marchés américains

Au lendemain de la réunion du conseil de la Réserve fédérale, qui a décidé de maintenir inchangé à 5,50 % l'objectif des taux à court terme, une nouvelle est venue redonner du baume au coeur des opérateurs des marchés obligataire et boursier. Les statistiques fétiches de l'emploi aux Etats-Unis en juin ont confirmé le ralentissement de l'activité après le rythme torride de 5,9 % de croissance atteint au premier trimestre de cette année. Inflation absente. Le taux de chômage est légèrement remonté de 4,8 % à 5 % de la population active, tandis que l'économie créait 217.000 nouveaux postes de travail, un chiffre inférieur aux anticipations. Mais surtout le salaire horaire s'est contenté d'une progression de 0,3 %, soit 3,5 % sur les douze derniers mois. Ce qui veut dire que l'inflation tant redoutée par le biais d'une hausse des coûts du travail, en situation de quasi-plein emploi, n'est toujours pas au rendez-vous. Une nouvelle qui devrait retirer à la Fed tout argument pour durcir sa politique monétaire lors de ses prochains rendez-vous le 19 août et le 30 septembre. D'autant que la croissance du deuxième trimestre devrait retomber vers son objectif non inflationniste affiché de 2,25 %, lequel aurait, aux dires de certains économistes, été tacitement révisé en hausse à 3 %-3,5 %, au terme de près de sept ans de progression ininterrompue du PIB sans que « l'hydre hideuse » ne refasse surface. Sur les cinq premiers mois de l'année, la hausse des prix à la consommation a été limitée à 1,4 % en rythme annuel contre 3,8 % au cours de la période correspondante de 1996. Légère dérive du dollar. Le marché obligataire américain a salué les chiffres par une spectaculaire remontée. Le rendement de l'emprunt phare à 30 ans s'est détendu jusqu'à 6,62 %, alors qu'au début de la semaine, il valait encore 6,81 %. Il se retrouve ainsi au plus bas depuis quatre mois, rien ne lui étant plus favorable qu'une économie dynamique sans inflation. Wall Street a également bien accueilli l'événement. L'indice Dow Jones des trente valeurs vedettes a clos en hausse de 1,29 % à 7.895,81 points. En revanche, les statistiques de l'emploi ont temporairement cassé l'élan du dollar. Alors qu'il était monté dans la matinée à de nouveaux points hauts depuis février 1994 face au deutsche mark et au franc, à respectivement 1,7565 et 5,9165, il a légèrement dérivé dans l'après-midi, notamment vis-à-vis du yen remonté jusqu'à 113,30. Mais les ingrédients pour une poursuite de sa reprise ne sont pas remis en cause par la perspective du maintien du « statu quo » sur les taux qui l'assortissent. Isabelle Croizard

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