Mexique + La cohabitation politique séduit la Bourse de Mexico

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L'alternance politique plaît décidément à la Bourse de Mexico. L'indice IPC vient d'aligner sept records consécutifs lui permettant d'afficher une progression de 44 % depuis le début de l'année. La capitale du Mexique a élu dimanche un candidat d'opposition, Cuauhtemoc Cardenas, capable de représenter une alternative crédible au chef de l'Etat Ernesto Zedillo lors de l'élection présidentielle de l'an 2000. L'opposition a aussi pris le contrôle de la Chambre des députés, supplantant le PRI (Parti révolutionnaire institutionnel), au pouvoir depuis soixante-huit ans, qui conserve toutefois sa majorité au Sénat. Selon les résultats quasi définitifs, le PRI n'a obtenu que 38 % des voix contre 27 % au PAN (centre droit) et 25 % au PRD (centre gauche). « Maturité politique ». « Le marché apprécie que les élections se soient déroulées proprement, sans magouilles », note Francisco Caballero, vice-président de la table de trading, dans la salle de marché d'Indosuez à Mexico. Pour Antonio Munoz, trader du BBV Latinvest à Londres, la bonne nouvelle est le changement de majorité au Parlement, témoin, selon lui, de l'arrivée à la « maturité politique du Mexique ». Le résultat était toutefois anticipé depuis plusieurs semaines, grâce aux sondages. Il peut être considéré comme « neutre ou positif », estime Javier Murcio, économiste au CS First Boston. « Positif dans le sens où le processus électoral s'est déroulé de façon calme et incontestée. Neutre car il reste à savoir comment le Parlement va fonctionner. » Perspectives de croissance. La bonne tenue du marché mexicain s'explique aussi par les perspectives de croissance. La moyenne des banques table sur 6 % de hausse du PIB en 1997. Grâce aux exportations, la production industrielle a progressé de 15 % au cours des douze derniers mois. Mais le secteur des services reste à la traîne, car la demande intérieure est déprimée. Les Mexicains, toutes classes sociales confondues, n'ont toujours pas le sentiment d'être sortis de la crise. Le sud du pays n'a pas complètement digéré les séquelles de la dévaluation du peso, durant l'hiver 1994-1995. La nouvelle majorité veut relancer la consommation, en diminuant la TVA, actuellement de 15 %, et en créant un nouvel impôt sur les plus-values en capital. Au cours du mois de mai, les ventes des supermarchés ont toutefois progressé de 3,3 % par rapport à mai 1996. Pour Félix Boni, directeur de la recherche chez ING Barings à Mexico, la baisse de la TVA présente un risque inflationniste. Nicolas Thiéry

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