Le Japon gagné lui aussi par la crise

Les banques japonaises se croient revenues dix ans en arrière, à l'époque de la crise des créances non performantes et des fins d'années (fiscales) difficiles. Jeudi, Mizuho et Mitsubishi UFJ, deux des quatre mégabanques de l'archipel, ont annoncé d'importantes pertes essuyées au dernier trimestre 2007, et liées à la crise des subprimes américaine. La première estime avoir perdu 345 milliards de yens ou 2,1 milliards d'euros à cause des subprimes (soit le double de son estimation initiale), la seconde 51 milliards de yens (320 millions d'euros). Ces contre-performances frappent un secteur bancaire déjà pessimiste devant le ralentissement de l'activité au Japon." CLIMAT DE SUSPICION"Surtout, elles balaient la thèse soutenue depuis des mois par les autorités financières : selon elles, les établissements nippons étaient immunisés contre les subprimes non par leur perspicacité, mais par leur courte vue. Occupées depuis dix ans à reconstruire leurs bilans, cantonnées au Japon après des fermetures de succursales à l'étranger, elles n'auraient pas eu les ressources nécessaires pour se lancer à grande échelle dans de telles opérations. En réalité, personne n'est épargné. La maison de courtage Nomura, elle-même très affectée par les subprimes, a pour sa part annoncé une chute des trois quarts de son bénéfice sur la même période." Le climat de suspicion généralisé est tel qu'aujourd'hui ce sont les banques qui se déclarent à l'abri qui font peur ! On croit toujours qu'elles cachent quelque chose ", raille un banquier français établi à Tokyo. " Ces résultats étaient attendus, mais ce que nous craignons vraiment ce sont les résultats pour l'exercice complet qui clôture fin mars. Au mieux, on sortira du tunnel en septembre ", prévient-il. Reste que les pertes annoncées par les banques japonaises demeurent pour l'instant ridicules face à celles de leurs concurrentes occidentales.Le vent tourne, redonnant du baume au coeur à une industrie bancaire qui cherche son internationalisation. Mizuho a annoncé qu'elle investirait 1,2 milliard de dollars dans une augmentation de capital de Merrill Lynch. Et pourquoi pas, un jour, dans la Société Générale ? Le Nikkei, " organe du parti " des milieux économiques nippons, retrouve soudain des élans de donneur de leçons. Le quotidien publie dans son édition de jeudi un éditorial vengeur intitulé : " La Fed devrait s'inspirer du Japon ". Et de rappeler : " Les États-Unis doivent plonger le scalpel dans la crise des subprimes, comme le Japon l'a fait dans les années 90 dans sa propre crise. "

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