Bercy propose desmesurettes pour améliorer le contrôle des risques

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Au tour de la ministre de l'Économie et des Finances, Christine Lagarde, d'épingler les systèmes de contrôle des risques au sein des banques françaises, et de la Société Générale en particulier. Après l'éclatement de l'affaire de la perte de courtage de 4,9milliards d'euros essuyée par la banque il y a quinze jours, l'on n'en attendait pasmoins de Bercy.Mais la ministre a quand même salué, non sans une certaine bienveillance envers un établissement aujourd'hui fragilisé, la façon dont la direction de la Société Générale a géré la crise. Dans son rapport remis hiermatin au Premier ministre, François Fillon, Christine Lagarde appelle les banques et leurs autorités de tutelle à une réflexion de place en vue d'améliorer les procédures de contrôle des risques au sein des établissements financiers de l'Hexagone. Laquelle pourrait "sans doute conduire à une évolution de la réglementation relative au contrôle interne". Le rapport énumère, en la matière, une série de recommandations relevant avant tout du bon sens. Comme de surveiller l'exposition totale de chaque opérateur et non pas seulement de son exposition nette ou de faire le suivi des flux de trésorerie consécutifs au passage d'un ordre (appels de marges, dépôts de garantie...) ou encore de contrôler les annulations ou les modifications d'ordres émanant d'un seul opérateur. Autant de vérifications qui, à ce jour, ne semblent pas avoir fonctionné pour détecter à temps la "fraude" incriminée au trader de la Société Générale, Jérôme Kerviel. LA SOLVABILITÉ DES BANQUES La ministre de l'Économie recommande que le ratio de solvabilité des banques (ratio Bâle II) — il impose un certain niveau de fonds propres par rapport aux risques pris—prenne en compte une analyse plus fine du risque opérationnel (distinct du risque de crédit ou du risque de marché) en faisant apparaître les niveaux de risques par entité ou par ligne de métier par exemple. En attendant les suites qui seront données à ce rapport — il pourrait être repris dans le projet de loi pour la modernisation de l'économie —, le texte est loin de faire l'unanimité au sein de la profession. Craignant qu'il alimente les amalgames entre le cas Société Générale et le reste du secteur, un banquier s'insurge : "Il est aberrant de voir que l'on arrive à recommander des procédures de suivi aussi essentielles que la vérification de l'exposition nominale des traders, ou la prise en compte des alertes des chambres de compensation ou de la Commission bancaire alors que ces pratiques auraient dû être adoptées par la Société Générale il y a longtemps !" Et de pointer du doigt les carences demanagement dans l'affaire Kerviel. Car loin d'être un rapport à charge sur la banque de La Défense, le texte de Bercy rejette même plusieurs critiques faites à l'encontre de la banque ces derniers jours. En réfutant, par exemple, que le débouclage des opérations réalisées par Jérôme Kerviel ait pu alimenter la baisse généralisée des marchés actions. Interrogée sur le risque d'OPA qui pèse aujourd'hui sur la Société Générale, Christine Lagarde a d'ailleurs déclaré : "Je constate que la Société Générale n'est pas contrainte en l'état actuel de s'adosser", évoquant par là l'augmentation de capital de 5,5 milliards d'euros en préparation et dont les conditions devraient être connues cette semaine.Nouvelles enquêtesLe gendarme de la Bourse américaine, la SEC, enquête sur un éventuel délit d'initiés suite à la vente de titres Société Générale par l'administrateur Robert Day quelques jours avant la découverte de la " fraude " imputée à Jérôme Kerviel, selon l'édition en ligne du " Wall Street Journal ". Le quotidien évoque aussi une enquête pénale à l'encontre de la banque mais dit en ignorer l'objet exact.

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