Le cours de Natixis sombre après les pertes liées à la crise

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Nouveau coup de tabac pour le cours de Bourse de Natixis. Depuis le début de la crise des crédits hypothécaires américains à risques (ou subprimes) au mois d'août 2007, l'action Natixis ne cesse d'être massacrée. Vendredi, après l'annonce de ses résultats préliminaires, le titre a dégringolé de 10,71 % à 9,84 euros. L'action est descendue pour la première fois sous le seuil symbolique des 10 euros et affiche une chute de plus de 50 % sur un an.De nombreux courtiers ont revu leurs prévisions à la baisse sur la banque d'investissement. Oddo Securities conseille désormais de " vendre " le titre tout en abaissant son objectif de cours de 15 euros à 10 euros. Même dégradation pratiquée chez Chevreux qui constate un " dramatique manque de visibilité " sur le titre en lui fixant un objectif de cours de 10 euros également. Keefe, Bruyette & Woods prévoit de son côté un cours de 12 euros. La mauvaise perception est à l'unisson sur le marché. Et pour cause, Natixis devrait dégager un bénéfice net courant d'environ 1 milliard d'euros, soit une chute de plus de 50 % par rapport à l'an passé. Le consensus s'attendait à 2 milliards d'euros, ce qui justifie la forte déception et la dégringolade du cours de Bourse.Natixis a publié 1,25 milliard d'euros de dépréciations d'actifs en 2007, dont la quasi-totalité au quatrième trimestre. Les provisions liées aux actifs subprime se sont élevées à 817 millions d'euros. Comme toutes ses consoeurs, Natixis a dû provisionner son exposition aux rehausseurs de crédit qui subissent une déconfiture aux États-Unis. La banque a passé 380 millions d'euros de provisions destinés à couvrir son exposition de 1,14 milliard d'euros. La moitié concerne le rehausseur américain MBIA, qui a dû lever 1 milliard de dollars pour se recapitaliser. S'ajoute une moins-value de 369 millions d'euros liée à la vente de son ancienne filiale, rehausseur de crédit CIFG, aux Banques Populaires et aux Caisses d'Épargne.Les résultats de Natixis semblent avoir placé le titre de la banque dans une nouvelle tendance baissière. À l'automne, les déboires de CIFG avaient déjà aspiré le cours de la banque dans une spirale baissière, obligeant les Banques Populaires et les Caisses d'Épargne à reprendre le rehausseur afin de redresser le cours de Bourse de Natixis.DE NOUVELLES DEPRECIATIONSMais désormais, ce sont les perspectives conjoncturelles et commerciales qui noircissent le tableau. À court terme, la banque pourrait afficher de nouvelles dépréciations au premier trimestre en raison de son exposition résiduelle aux subprimes (1,067 milliard d'euros) et aux monolines (763 millions). Mais surtout, à moyen terme, elle s'expose à une contraction significative de ses activités. Natixis est une banque qui dégage la moitié de ses revenus des métiers de marché qui sont entrés dans un cycle de contraction. Dans ce contexte, les analystes peinent à imaginer un vrai scénario de redressement pour Natixis. Et ce manque de visibilité se traduit non seulement dans la chute vertigineuse du cours de Bourse de Natixis, mais entraîne les concurrentes françaises de la banque dans son sillage. BNP Paribas a reculé de 3,34 % à 59,11 euros, Société Générale a baissé de 2,28 % à 76,22 euros et le titre Crédit Agricole a perdu 5,34 % à 17,56 euros. Les résultats définitifs de BNP Paribas et de Société Générale cette semaine pourraient de nouveau peser sur les valeurs financières.

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