Les producteurs de fer veulent augmenter leurs prix

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Sidérurgistes et mineurs ont décidé de demander du temps dans le subtil jeu de poker qu'est devenue la négociation annuelle sur la fixation du prix du minerai de fer. Les premiers pourraient subir cette année une nouvelle hausse du prix du principal élément de base pour produire de l'acier. Elle pourrait s'établir entre 15 % et 30 %, après 18,5 % en 2004 et surtout 71,5 % en 2005."Il semble que les acheteurs cherchent à obtenir un statu quo sur le prix tandis que les vendeurs réclament une hausse substantielle, jusqu'à 30 %, en raison de la forte tension sur l'équilibre entre l'offre et la demande et de la rapide escalade des coûts de production et de capital des compagnies minières au cours des douze derniers mois", indiquent les analystes de Macquarie, citant des sources émanant des deux parties. Pour leur part, ils tablent sur une augmentation de 15 %, mais ne seraient pas surpris que le chiffre final soit supérieur.La partie haute de la fourchette, 30 %, serait défendue par le leader mondial, le brésilien CVRD, qui voit ses recettes pénalisées par l'appréciation de 17 % du real face au dollar. À la fin janvier, son patron, Roger Agnelli, a annoncé vouloir investir cette année 4,6 milliards de dollars, dont 2,1 milliards dans le minerai de fer. La société brésilienne peut faire valoir ses intérêts, car elle représente avec BHP Billiton et Rio Tinto, qui opèrent principalement en Australie, 70 % de l'offre mondiale du minerai.Habituellement, ces négociations bipartites prennent en compte l'équilibre entre l'offre et la demande de minerai, les investissements dans l'expansion des capacités de production pour répondre à la demande future ainsi que l'état du marché de l'acier en termes de prix, de volume et de rentabilité.Importations chinoises. Or, la demande de minerai reste forte, en particulier celle émanant de la Chine. Au cours du dernier trimestre 2005, les importations de la République populaire ont bondi de 12,7 % par rapport au trimestre précédent, à 76.300 tonnes, pour répondre aux besoins des sidérurgistes.Conséquence sur le marché au comptant chinois, les prix s'envolent, et évoluent depuis 2003 au-dessus de ceux fixés par contrat annuel par les mines. Cette différence atteint jusqu'à 25 % sur le minerai de qualité moyenne.En outre, les fournisseurs australiens sont tentés d'augmenter leur volumes vendus sur le comptant au détriment de ceux régis par les contrats avec les sidérurgistes japonais, leurs principaux clients. Dans l'archipel, les importations de minerai de fer australien ont déjà baissé de 4,9 % entre 2004 et 2005.Robert JulesLire également page 24

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