Le fret ferroviaire peine à trouver sa voie
La Tribune
La Tribune
À quelques semaines de l'ouverture de la SITL (Semaine internationale du transport et de la logistique, qui se tiendra du 23 au 25 mars au parc des expositions de Paris Nord Villepinte) qui accueillera la première Journée européenne du fret ferroviaire (le 24 mars), les sujets stratégiques et opérationnels ne manquent pas. Présenté comme moins polluant et plus sûr que le transport routier, le rail peut effectivement être une alternative compétitive à la route sur certains segments de marché. Mutualisation Fort de ce constat, la Commission européenne a d'ailleurs engagé, depuis une quinzaine d'années, une série d'initiatives destinées à redynamiser le transport ferroviaire de marchandises. Ces programmes concernent aussi bien l'organisation du secteur que le développement de l'interopérabilité technique et la réalisation d'infrastructures structurantes pour le continent européen. Mais au-delà des beaux discours et des intentions louables, le fret ferroviaire - totalement ouvert à la concurrence depuis 2007 - peine à trouver sa juste place dans la chaîne logistique. Malgré de réels atouts.À l'heure du développement durable et sous l'effet du Grenelle de l'environnement notamment, de plus en plus de chargeurs optent pour des modes alternatifs à la route. Le ferroviaire offre en effet la possibilité de distribuer les marchandises sur un modèle économiquement et écologiquement acceptable. Reste à disposer d'infrastructures suffisamment modernisées et de prestations suffisamment souples pour apporter de la réactivité à la supply chain. Mais en la matière, beaucoup de progrès paraissent encore devoir être accomplis tant il est vrai que les réseaux ferroviaires internationaux manquent d'homogénéité et les opérateurs capables de passer les frontières sont rares. L'Europe ferroviaire est loin d'exister.Autre facette du fret ferroviaire, alors que l'utilisation de wagons uniques est de moins en moins courante et souhaité par les opérateurs, la mutualisation des convois pourrait se développer. En effet, si certains secteurs industriels, tels que la sidérurgie ou l'automobile, sont capables de massifier leurs expéditions, d'autres doivent s'organiser pour grouper leurs expéditions. Un comble entre concurrents... Béatrice Delamotte
La Tribune