«?Lean IT?», la techno antigaspi qui monte
La Tribune
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Connaissez-vous le « lean IT » ? La formule commence à prendre de l'ampleur. C'est plus qu'un « buzz », c'est une démarche portée par l'éditeur CA et la société de service Fujitsu. « Chez Fujitsu, nous utilisons le lean IT à la fois pour avoir une offre différente et pour que nos collaborateurs puissent mettre en oeuvre une amélioration continue de nos processus, explique Nicolas Sautier, directeur marketing de Fujitsu France. Depuis deux ans, nous avons créé la communauté Lean et système d'information avec Télécom Paris. »De quoi s'agit-il ? « Pour moi, explique le directeur adjoint des systèmes d'information chez Renault, le lean IT est une démarche de travail qui me permet d'améliorer la performance de l'informatique à la fois sur l'infrastructure et les processus. » Et François Gitton sait de quoi il parle car, avant de perdre sa surcharge pondérale, l'informatique de Renault était devenue obèse. « Nous étions dans la m... en 2005 avec des utilisateurs qui couraient dans les couloirs pour trouver les informaticiens, raconte-t-il. Pour remettre l'informatique dans le bon sens, on s'est fait aider par le Boston Consulting Group. Nous avons décortiqué l'organisation. Nous avons identifié ce qui allait bien et ce qui n'allait pas bien. Nous avons dressé une catégorie de problèmes avec des chantiers pour les résoudre. »Externalisation trop hâtiveÀ la base du malaise général, on trouve une externalisation mal maîtrisée. En 2004 et 2005, pour faire des économies, Renault avait en effet externalisé massivement l'exploitation du help desk et la maintenance de ses applications. L'optimisme de l'époque a occulté le besoin de transfert de connaissances. Résultat, le nouveau help desk ne pouvait pas traiter efficacement les situations que l'ancien aurait pu aborder sans faille. Les incidents d'exploitation du système d'information se sont multipliés, se traduisant par des arrêts de la chaîne de production, le plantage du système de distribution et des coûts supplémentaires considérables pour l'ensemble de l'entreprise. D'où une feuille blanche pour repartir d'un bon pied avec trois objectifs : 1) soutenir le business, soutenir l'action de l'informatique et donner la priorité aux usines ; 2) satisfaire la demande de services des utilisateurs, tous les jours ; 3) réduire les coûts de l'informatique.Démarche « quasi militaire »La DSI de Renault a mis en place la même démarche que celle utilisée dans ses usines : indicateurs de progrès, amélioration de la mise à disposition des applications, suivi des incidents bloquants qui entraînent une perte de chiffre d'affaires, pour arriver à les faire disparaître. La démarche a été menée « de manière quasi militaire », commente François Gitton. Dans le même temps, la DSI a demandé à ses partenaires de s'engager sur des objectifs précis, avec un système de bonus-malus qui peut représenter 10 millions d'euros sur un contrat de 80 millions.Au total, sur trois ans, Renault a économisé 190 millions d'euros, grâce notamment à la standardisation des applications. Au bout du compte, le parc applicatif a diminué de taille, le taux d'utilisation des applications a augmenté, les coûts de développement ont baissé, le niveau de satisfaction a augmenté, le nombre d'appels au help desk a diminué et le nombre de projets livrés dans les temps a atteint 97 %. Mais, surtout, les incidents bloquants ont disparu.Pascal Boulard
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