Mr. Smith goes to Washington

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Dans la presse américaine, la visite de Nicolas Sarkozy aux états-Unis est passée pratiquement inaperçue, n'en déplaise aux communicants de l'Elysée, qui ont tout fait pour « vendre » cette « première » aux médias. Destiné à afficher la bonne entente avec Barack Obama, le voyage avait plus de visées intérieures qu'extérieures. Nicolas Sarkozy chez le « maître du monde », voilà de belles images à commenter, de l'international pour faire oublier la déception des régionales. Sarko « l'Américain », qui n'a pas soutenu Obama à l'élection présidentielle, a fait le service maximum : un brin d'arrogance gauloise à l'Université de Columbia (« Bienvenue dans le club des pays qui ne laissent pas tomber leurs malades », a-t-il lancé) ; hot dogs chez Ben's Chili Bowl, restaurant populaire de la capitale américaine, dîner des deux couples dans les appartements privés de la Maison Blanche, conférence de presse apparemment complice, à tu et à toi. Ah, qu'on est loin de Lille, du Poitou-Charentes ou même de Bordeaux ! Alors que l'affaiblissement du président français redonne des espoirs à ses rivaux de gauche et de droite, l'important finalement n'est pas tant que Nicolas Sarkozy ait été le dernier dirigeant d'un grand pays européen à être reçu par Barack Obama. Mais qu'il ait fini par l'être... Au moment où les colonnes du temple de la rupture vacillent sur leurs bases, ce voyage sans grand enjeu fait partie de la stratégie de reconquête de l'Elysée, qui s'appuie sur deux piliers désormais transparents : la réforme des retraite en 2010, pour montrer la capacité du président à s'occuper du long terme ; et la double présidence du G8 et du G20 en 2011, pour affirmer le rôle moteur de la France dans la refondation de la gouvernance mondiale. En pressant Obama d'avancer sur la réforme de la finance aux états-Unis, Sarkozy cherche à endosser à son tour l'habit de « maître du monde », avec l'espoir de rééditer l'an prochain le « coup » de la présidence française de l'Union européenne pendant laquelle, chacun le reconnaît, il a fait le « job », comme dirait son ami Barack ! pmabille@latribune.fr philippe mabille

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