Mois de mai meurtrier pour les actions

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Jamais depuis soixante-dix ans et l'invasion des Pays-Bas par l'armée allemande, le vénérable indice Dow Jones n'avait subi plus mauvais mois de mai qu'en 2010. Plus ou moins pertinents, les records sont faits pour être battus, et la Bourse se plaît à les collectionner. Mais celui qui vient de tomber raisonne durement, trois ans après le début de la crise des subprimes. Non seulement en raison de l'ampleur des pertes subies : quelque 3.000 milliards de dollars de richesse boursière se sont évaporés des 45 plus grands marchés de la planète le mois dernier, chiffrent les analystes de Standard & Poor's. Et même 3.800 milliards, si l'on se réfère à l'indice Monde calculé par Datastream. De Paris à Shanghai, en passant par New York, les indices ont perdu entre 8 % et 10 % en un mois, tandis que 29 autres places enregistraient des pertes à deux chiffres.Mais surtout, la rechute des actions souligne leur extrême difficulté à émerger durablement de la crise. En dépit de résultats financiers très souvent supérieurs aux attentes et d'une abondante trésorerie, les entreprises cotées sont délaissées au profit d'actifs moins risqués. Une défiance lisible dans les indicateurs de volatilité, régulièrement saisis de poussées de fièvre. Et surtout dans la performance générale des actions, puisqu'en dépit du rebond enregistré l'an dernier, la capitalisation boursière mondiale a fondu de 10.700 milliards de dollars depuis la fin de 2007, assurent les mêmes analystes de Standard & Poor's. Une inquiétude chasse l'autre, ou plutôt s'ajoute à la précédente, si bien que l'on en vient à redouter que la crise de liquidité, partie de banques et de marchés américains pas assez régulés, en 2007, se mue en une crise de liquidité imputable à des banques et des marchés trop - ou mal - régulés en 2011. La Bourse, qui a toujours raison, nous dit l'adage, semble surtout avoir perdu la tête, tiraillée entre les mesures antispéculation allemandes, les nouvelles règles de la finance américaine, la valse des directives de Bruxelles et les balbutiements du G20. Sans parler, évidemment, des inquiétudes sur l'activité, l'euro, la dette, le chômage...

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