Une dirigeante fidèle au credo libéral du Medef

Dans la lettre de candidature qu'elle avait adressée en avril à l'ensemble du corps électoral pour obtenir les signatures nécessaires à sa candidature, Laurence Parisot n'avait pas hésité à qualifier son bilan de « magnifique ». Aujourd'hui, pour défendre son action, elle « est solide sur ses bases », indique son entourage. Jeudi, devant les 532 votants, elle ne manquera pas de revenir sur son livre blanc « Besoin d'air » paru début 2007 et de faire le point trois ans après sur les idées qu'elle y développait. Destiné à combattre le clan des « déclinologues », le livre, qui s'est vendu à 60.000 exemplaires, comportait un programme pour les dix années à venir. Laurence Parisot mettra notamment en avant les 21 accords interprofessionnels signés avec les syndicats, dont celui sur la modernisation du marché du travail qui a créé la rupture conventionnelle, une idée brevetée Parisot sous le terme de « séparabilit頻, ou la refonte des critères de la représentativité syndicale.Fidèle au credo libéral du Medef, Laurence Parisot a bataillé pour alléger les charges sociales et fiscales des entreprises et défendre leurs intérêts. Cela a été le cas pour le développement du crédit d'impôt recherche, et surtout pour la réforme de la taxe professionnelle. « C'est un beau succès qui a permis des économies de 6 milliards d'euros par an. Jamais un patron n'a obtenu une victoire de cette ampleur en termes de prélèvements obligatoires », se félicite un de ses collaborateurs. Autres réussites de Laurence Parisot, l'abandon de la taxe carbone ou la mise en place d'un code de gouvernance Afep-Medef.« Aux abonnés absents »Alors que la réforme des retraites est au coeur de l'actualité, Laurence Parisot répète à l'envi que les idées du Medef ont irrigué de manière continue le débat, notamment le recul de l'âge légal de départ en retraite... Et si elle estime avoir réussi à garder le « lien » entre les entreprises et les salariés via une meilleure indemnisation du chômage partiel, elle ne fera pas taire les critiques, dans son propre camp, qui lui reprochent son silence pendant la crise. Alain Minc, conseiller officieux de Nicolas Sarkozy, lui reprochait ainsi d'avoir été « aux abonnés absents » dans la gestion de la crise. Critiquée pour son tropisme sociétal jugé trop éloigné des préoccupations des entreprises, Laurence Parisot persiste et signe. Le thème sera au coeur de son nouveau mandat. Mais elle ne pourra enfin pas faire l'impasse sur les dissensions internes et devra faire évoluer son image qualifiée parfois d'« autoritaire ». « Comme dans n'importe quelle autre structure, il existe un potentiel d'amélioration de l'organisation patronale en France, commente Charles Beigbeder, président de la commission recherche et innovation du Medef. Nous avons déjà fait énormément lors du mandat de Laurence Parisot. Et je suis sûr que nous allons continuer dans ce sens. » I. M.

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