Bruxelles met ArcelorMittal à l'amende

La Commission européenne a infligé mercredi des amendes de 518 millions d'euros à 17 aciéristes qui avaient constitué pendant dix-huit ans un cartel illégal, dont 276,5 millions pour le numéro un du secteur (avec 65 milliards de dollars de chiffre d'affaires), ArcelorMittal. La facture monte même à 315 millions d'euros après la prise en comptes des amendes de certaines filiales. Une mauvaise surprise pour le groupe indien Mittal, qui a fusionné avec Arcelor après la période incriminée. La société n'exclut pas de faire appel de ce jugement.Entente frauduleuseSelon Bruxelles, ces 17 entreprises se sont entendues de 1984 à 2002 pour fixer les prix et se partager le marché européen de l'acier de précontrainte, constitué de fils d'acier frisés utilisés avec le béton sur les chantiers dans les fondations, les balcons ou les ponts. Les entreprises sanctionnées ont échangé des renseignements commerciaux sensibles, fixé des quotas et même contrôlé que leurs accords illégaux étaient bien respectés grâce à un système de coordinateurs nationaux et de contacts bilatéraux.Le commissaire à la Concurrence Joaquin Almunia a jugé « étonnant de constater qu'un nombre important d'entreprises ont trompé la quasi-totalité du marché européen de la construction pendant aussi longtemps et pour un produit aussi essentiel ». « On dirait presque qu'elles ont agi dans une économie planifiée », a-t-il commenté. Le cartel a pris fin après une dénonciation en 2002 auprès de la Commission, par l'allemand DWK/Saarstahl. Ce dernier a du coup bénéficié de l'immunité prévue par le « programme de clémence » de Bruxelles et a été exonéré d'amendes. H. D.

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