L'éditorial de Philippe Mabille

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La procrastination est l'art de toujours reporter à plus tard ce que l'on peut et, souvent, ce que l'on doit faire le jour même. Dans l'avancement de ses devoirs de rupture, l'élève Sarkozy ne saurait être accusé d'un tel défaut, lui qui fait sortir des millions de Français dans la rue contre sa réforme des retraites et présente un budget 2011 marqué du sceau d'une certaine rigueur. C'est vrai sauf dans un domaine?: celui de la dette sociale. La fronde des députés UMP le démontre, qui refusent de prolonger de quatre ans la durée de vie de la Cades, la Caisse d'amortissement des déficits de la Sécurité Sociale, prévue initialement pour s'éteindre l'année dernière?! En décidant de reporter de 2021 à 2025 son échéance, afin de masquer les 130 milliards d'euros de dettes accumulées sous son quinquennat, Nicolas Sarkozy fait le choix, comme Jacques Chirac et Lionel Jospin avant lui, de la fuite en avant. Tout plutôt qu'être contraint d'augmenter la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS). On peut comprendre, pour des raisons autant économiques que tactiques, qu'en sortie de crise et à la veille de 2012, Nicolas Sarkozy hésite à briser de façon si visible son dogme de non-augmentation de la fiscalité. Mais ce qui est étonnant, de la part d'un homme qui dit vouloir réhabiliter la crédibilité de la parole politique, c'est que, ce faisant, il se contredit lui-même, puisqu'il était membre de la majorité qui a fait voter en 2005 la règle organique, c'est-à-dire à valeur constitutionnelle, interdisant de recourir à cette cavalerie financière. Une contradiction de plus, dira-t-on?? Le hic, c'est qu'en étant complices de cette pratique consistant à faire payer par nos enfants nos dépenses de santé actuelles, nous sommes tous, nous Français, des procrastinateurs qui s'ignorent. pmabille@latribune.f

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