« C'est un budget indécent d'injustice »

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Comment définir ce budget 2010 ?C'est un budget totalement inadapté sur le plan économique, par rapport à la crise qui est encore là, et indécent d'injustice. Il n'y a rien pour relancer l'économie, rien pour le pouvoir d'achat, et rien pour l'emploi. Les seules mesures de dépenses véritables, ce sont 12 milliards d'euros pour les entreprises, avec la réforme de la taxe professionnelle, et 2,5 milliards pour la TVA des restaurateurs. Une fois de plus, ce sont les classes populaires et les classes moyennes qui vont payer, tout de suite par leurs impôts et demain en raison de l'irresponsabilité en matière de dette.Que faudrait-il faire ?Si on revenait sur les cadeaux fiscaux, et si, comme le gouvernement s'y était engagé, ce qu'il vient d'abandonner, on revenait sur 20 des 70 milliards de niches fiscales, on aurait les moyens de faire un plan de relance, d'accompagner les Français dans leurs difficultés et de reprendre le chemin de la croissance et de l'emploi. Il y a un autre budget possible. Tout n'est pas dû à la crise. Par ses décisions politiques, Nicolas Sarkozy a une lourde responsabilité.Et dans cet autre budget possible?Tout d'abord une relance du pouvoir d'achat. On pouvait utiliser pour cela le produit d'une autre taxe que la taxe carbone, la contribution climat-énergie. On pouvait verser 200 euros aux 16 millions de ménages modestes, ne pas supprimer les allocations familiales à 20 ans. Deuxièmement, création de 150.000 emplois jeunes. Puis relance par des investissements à court terme qui stimulent l'activité. Et enfin une politique fiscale plus juste.D'après François Fillon, la création de la taxe carbone signe le premier budget vert?C'est un budget faussement vert. La taxe carbone n'est pas une vraie contribution énergie-climat et elle n'aura pas d'effets sur l'environnement. Elle ne s'applique pas à l'électricité et les gros pollueurs ne sont pas touchés. Elle est de plus profondément injuste dans son mode de répartition et n'accompagne pas des comportements vertueux en matière d'écologie. La seule mesure vraiment verte, c'était le bonus pour l'achat de voitures propres, qui va être diminué.Le niveau de la dette vous inquiète-t-il ? Même si c'est pour soutenir la croissance ?C'est totalement irresponsable. Et le gouvernement veut nous faire croire par idéologie qu'il faudrait diminuer le nombre de fonctionnaires pour pouvoir réussir une maîtrise des dépenses publiques. Moins de fonctionnaires, c'est moins de policiers, moins d'enseignants. On voit ce que cela donne aujourd'hui. Quand on ne remplace pas un fonctionnaire sur deux, c'est-à-dire 35.000 par an, cela ne rapporte, si je puis dire, que 500 millions d'euros au budget de l'État, alors qu'en comparaison la baisse de la TVA aux restaurateurs, c'est 2,5 milliards.Le gouvernement présente la réforme de la taxe professionnelle comme un choc de compétitivité. Le PS est à la tête de nombreuses régions et départements. Quelle est votre analyse ?Nous sommes favorables à une réforme. Nous y avons travaillé, d'ailleurs avec des députés et des sénateurs de droite, qui ont défendu la même proposition que la nôtre, c'est-à-dire une taxe professionnelle appuyée sur la valeur ajoutée, qui aurait réparti autrement l'effort entre les entreprises, en mettant à contribution le secteur financier, le secteur pétrolier. On sait de plus que les dotations aux collectivités locales n'ont pas suivi le rythme de la croissance et de l'inflation ces dernières années. Le gouvernement veut en fait étrangler un peu plus les collectivités locales pour pouvoir gagner de futures élections avec un discours populiste contre les élus et contre l'impôt, cela s'ajoutant bien sûr à la réforme du mode de scrutin. n

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